SOLO
Les survivants du chaos

En ces temps post-apocalyptiques où le genre humain n’a plus la suprématie et partage sa place avec des espèces mutantes, Solo apprend de son père les rudiments de la chasse, sur un territoire ingrat et particulièrement dangereux. Le produit rapporté suffit à peine à nourrir toute sa famille, si bien que le jeune rat a décidé, non sans une certaine amertume, de quitter le cocon familial et de voler de ses propres ailes. Commence alors une errance solitaire pour le moins fastidieuse, grevée d’épreuves totalement incroyables mais pourtant réelles dans lesquelles sa vie est en permanence mise en balance. Jusqu’au jour où, à l’issue d’un troc dans une zone neutre au sein de laquelle il démontre ses talents de combattant, il est capturé par un sinistre personnage qui l’oblige à combattre dans une arène. Dans ce nouveau milieu hostile où chaque combat peut se révéler être le dernier, Solo va lutter pour sa survie et se transformer peu à peu en un féroce guerrier. Est-ce ainsi sa nouvelle destinée ?

Par phibes, le 13 septembre 2014

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Notre avis sur SOLO #1 – Les survivants du chaos

Connu pour sa participation pour le moins impressionnante dans la série animalière La guilde, parue chez Casterman, aux côtés de Miroslav Dragan, l’auteur espagnol Oscar Martin revient dans le paysage de la bande dessinée pour nous offrir une nouvelle aventure et par ce biais, un nouvel héros, Solo le rat.

Ce récit est l’occasion de nous plonger dans un monde chaotique complètement transformé à la suite d’une guerre nucléaire qui a provoqué des mutations sans précédent chez le genre animal. De fait, les bêtes d’avant sont devenues aujourd’hui des êtres de raison, capables de penser comme les humains et aussi de tuer. Car le monde de Solo n’est que désordre permanent, violent et dépravé qui ne donne que peu d’espoir de survie à celui qui ne sait pas se défendre.

Dès les premières pages, le ton est donné grâce à une présentation narrative éloquente. Oscar Martin présente à la fois son personnage et son environnement en utilisant une voix-off particulièrement prégnante qui vient traduire les pensées les plus intimes et profondes du charismatique rat. Fort de cette évocation personnelle très imagée et pesante, l’on ne tarde pas à assister à l’émancipation du héros qui est appelé à suivre un parcours des plus haletants de par la somme des dangers encourus. La destinée de Solo est donc on ne peut plus sombre, tragique, brutale, presque sans avenir par le fait qu’à tout moment, faisant partie de la chaîne alimentaire, le rat peut y laisser sa peau. Mais Solo a de la ressource, exploitée massivement par l’auteur, et ainsi, nous amène au plus loin, dans une destinée aux orientations diverses gérée remarquablement par un Oscar Martin plein d’inventivité.

Dans la partie graphique, l’artiste reste donc dans l’univers inspiré de celui de Disney, très cartoon. A cet égard, l’on pourra lui reconnaître la qualité de l’effigie et des expressions de ses animaux anthropomorphiques dotés d’un charisme démesuré et violent pour le moins ensorcelant. De même, on pourra apprécier le travail remarquable sur le mouvement, d’une justesse convaincante, issue de ses nombreuses années passées dans l’animation (Tom et Jerry). Sur ce dernier point, les combats, superbement réglés, sont des plus assourdissants.

Une excellente mise en bouche bien consistante (voir en fin de volume la description de l’univers de Solo) et violente qui devrait être suivie de deux autres tomes. Que du bonheur à l’état brut en perspective !

Par Phibes, le 13 septembre 2014

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