VELVET
Avant le crépuscule

(Velvet 1 à 5)
Velvet est, en 1973, l’assistante du directeur d’une agence de renseignements. Néanmoins elle a du passif aussi, jadis elle fut même un agent particulièrement efficace sur le terrain. Lorsqu’elle apprend que l’on vient de retrouver le corps de l’agent X-14 elle s’inquiète, quelqu’un dans le service est certainement impliqué. Mais tandis qu’elle commence à mener sa propre enquête la situation se retourne contre elle et elle doit se cacher et fuir. Elle finit par arriver à Belgrade, en suivant la piste de l’agent décédé…

Par fredgri, le 9 novembre 2014

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Notre avis sur VELVET #1 – Avant le crépuscule

Ed Brubaker n’est certes pas un scénariste qui mise sur l’originalité à tout prix, néanmoins c’est un scénariste très constant, qui propose souvent des projets solides qui utilisent tout les codes du genre ou ils s’inscrivent, qu’il s’agisse de polars, de récits d’espionnage comme ici avec Velvet ou encore du super-héros le plus basique ! Tout en gardant une écriture très personnelle et vivante, nourrie de monologues intérieurs qui prévalent même sur les dialogues directs. Ce style a la grande particularité de mettre en avant les sentiments et les impressions. Alors, bien sur, il y a un côté redondant dans tout ça, mais Brubaker s’inscrit comme l’héritier des grands maîtres du genre, avec une approche nettement plus moderne en plus !

L’héroïne est ici une ancienne "agente secrète" qui a du chien, qui ne tarde pas trop à retrouver les anciens réflexes, mais surtout qui déborde d’un certain charme. Brubaker construit autour d’elle un cadre qui rappelle les vieux Bond, voir même du Ludlum, l’héroïne traquée à tort, qui tente malgré tout de percer le traquenard ou elle est tombée en remontant les pistes qui se présentent.
En effet, on a le sentiment d’avoir déjà vu ce récit des centaines de fois au ciné tant le canevas est des plus convenus (ne serait ce que par exemple le récent film de Soderbergh "Piégée" qui reprend pratiquement le même genre de trame !), mais la force de ce récit ne tient justement pas dans son originalité, mais plutôt dans la finesse de son écriture. Peut-être qu’en contre partie Brubaker manque quelque peu d’audace, que son Velvet gagnerait à moins suivre les mêmes schémas archétypales, toutefois l’intrigue est vraiment prenante, les caractérisations aux petits oignons et le rythme très soutenu. Tout fonctionne très bien et on en redemande !

Aux côtés du scénariste on retrouve son complice de Captain America, Steve Epting ! L’artiste a depuis quelques années transformé son style pour le rendre plus photo-réaliste et même si je le trouvais figé sur Cap America, j’avoue qu’ici c’est simplement parfait. Son trait est très contrasté et dynamique, et son style convient très bien pour "illustrer" les monologues de Brubaker. Une combinaison qui nous propose une nouvelle fois un excellent comics !

Donc voilà, c’est vrai que Velvet ne révolutionne absolument rien, mais je peux vous assrer que cette lecture est captivante !

Je me demande juste pourquoi Delcourt propose un HC et comment se justifie le blister qui recouvre l’album !!! Après tout je me dis que Fatale par exemple mériterait plus d’attention que cette série. Mais qu’importe de toute façon, ça ne reste qu’un détail !

Par FredGri, le 9 novembre 2014

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