Ce
shojo a bien des atouts. Outre son dessin agréable même si celui-ci se révèle être très classique, on appréciera son hypothèse de départ, farfelue, actant que Momoko, une fille, devra prendre la place de son frère et donc aller au devant de situations peu banales. Ce genre d’hypothèses, très farfelues comme on en trouve dans pas mal d’épisodes pilotes de
mangas pour ados, est souvent en fonction de son originalité ce qui va faire que le lecteur va accrocher ou pas. Dans le cas présent, l’idée fait mouche et éveillera assurément la curiosité et des garçons et des filles qui, chacun à leur niveau, seront excités de savoir comment tout ça va bien pouvoir se passer !
Ensuite, on appréciera que l’auteure Ako Shimaki n’ait pas trop tourné autour du pot. En effet, très rapidement, deux autres élèves, Itô et Saeki, vont découvrir que le Akira qu’ils côtoient est en réalité une fille. Ce qui fait qu’on n’assiste pas à des « parties de cache-cache » trop longues et ainsi trop irréalistes, qui discréditeraient l’histoire. En outre, la mangaka n’avait sûrement pas besoin de « faire traîner » puisque le fait qu’elle ait choisi de faire percer le secret à certains amène au contraire au récit encore plus de possibilités de jouer sur les relations entre les uns et les autres, les on-dit, la confiance à accorder à autrui par rapport à un secret gardé, etc...
Ce tome 1 de Secret Girl est donc une bonne surprise. D’autant que (sans vous en dire trop), vous verrez lors de votre lecture que la position de la Momoko du début, apeurée devant sa mission, va changer petit à petit et que sa condition de « secret girl » va finir par présenter pour elle des avantages...
Je ne finirai pas cette petite chronique sans observer que la mère des jumeaux Akira et Momoko montre indéniablement une préférence pour son fils ; en tout cas au niveau de l’ambition qu’elle a eu pour lui en l’inscrivant dans un lycée privé plutôt que dans un établissement classique comme celui auquel Momoko était destinée. Voilà qui souligne peut-être quelques travers de la société japonaise : la condition masculine par rapport à la condition féminine et l’importance des études pour les jeunes ; des études qu’ils doivent réussir afin que leur famille entière ne perde pas la face, quitte à user de procédés discutables comme dans le cas de Momoko qui devra remplacer son frère et ainsi dédaigner complètement son propre parcours scolaire...