AIGLES DECAPITEES (LES)
Le château du diable

Après leur périple en la cité de Troyes, Sygwald de Crozenc et sa troupe poursuivent leur route pour la commanderie templière de Villers. A la suite d’un arrêt pour la nuit, Dame Nolwenn qui s’est écartée du groupe, tourmentée par sa conduite dernière avec le chevalier de Salignac, a disparu. Etant à proximité d’un bourg et dans l’espoir de la retrouver, Sygwald et ses compagnons s’y transportent dès le lendemain et sont témoins de la pendaison d’un pauvre hère. Appelé à l’aide, le jeune chevalier parvient à stopper le supplice et à exiger un procès en bonne et due forme. C’est ainsi que tout en cherchant sa mère disparue, Sygwald, intrigué par le récit du condamné, va tenter d’élucider le mystère qui entoure et effarouche toute une bourgade et qui semble être lié au sinistre endroit que l’on nomme le château du diable.

 

Par phibes, le 9 mai 2012

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Notre avis sur AIGLES DECAPITEES (LES) #24 – Le château du diable

Pour avoir animé pendant plus de 20 ans cette saga historique à la suite de Patrice Pellerin et Jean-Charles Kraehn, Michel Pierret revient, comme chaque année pourrait-on dire, dans une régularité qui lui est propre, pour nous offrir de nouvelles aventures des chevaliers agissant sous la bannière arborant trois têtes d’aigle qu’il affectionne tout particulièrement. Toujours inspiré par cet univers moyenâgeux et par ses personnages en particulier Hugues et Sygwald de Crozenc, l’artiste nous entraîne dans des péripéties qui s’inscrivent dans un nouveau cycle entamé précédemment.

On retrouve donc les deux protagonistes, chacun dans des situations qui leur sont propres. L’un est alité et plongé dans un délire incompréhensible, l’autre, envoyé par son père et transformé inopportunément en défenseur d’une cause déjà entendue, se doit de découvrir la clé d’un mystère qui grève une petite bourgade à la limite du royaume de France. Par ce biais, Michel Pierret prouve une fois de plus qu’il maîtrise son sujet. Jouant habilement sur les deux tableaux, faisant évoluer chaque aventure au gré d’une progression mesurée, les entremêlant avec habileté, l’artiste nous gratifie d’un récit certes conforme au classicisme habituel mais toujours bien entreprenant.

On appréciera tout particulièrement l’enquête aux accents policiers menée de main de maître par le jeune Sygwald, dans des agissements généreux démontrant qu’il est bien le fils de son père. Bravoure, intégrité, opiniâtreté sont les traits de caractère mis en évidence pour permettre à ce jeune homme à faire tomber la vérité sur une affaire d’assassinat des plus animées.

Graphiquement, Michel Pierret reste dans cet univers qu’il contrôle à la perfection. Se conformant à une certaine recherche historique, son trait se veut délicat, sans trop de sophistication, explicite dans le choix des prises de vue et soigné dans le travail des arrière-plans. Les personnages qu’il réalise sont assez sobres, se suffisent à eux-mêmes et se révèlent bien convaincants dans leurs attitudes et leurs expressions.

Un nouvel épisode médiéval qui a son charme et qui prend toute sa place au sein de la collection Vécu de chez Glénat.

 

Par Phibes, le 9 mai 2012

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