De pierre et d'os
Une nuit, pendant que le vent hurle à l’extérieur de l’igloo familial, la jeune Uqsuralik souffre de ses premières menstruations. Elle sort en espérant que le froid adoucira la douleur, mais la glace se fissure devant elle et elle se retrouve éloignée de sa famille, n’ayant pour seule compagnie que les chiens affamés et une fourrure d’ours que son père a eu le temps de lui jeter. Elle parvient à survivre, le temps de rejoindre une tribu qui l’accueille avec bienveillance. Après avoir été agressée par celui qu’on appelle le vieux, elle se lie au jeune Tulukaraq, qui devient son premier époux. Cependant, il disparaît en chassant, peu après que la tribu les ait abandonnés. La jeune femme, qui se retrouve à nouveau seule, découvre alors qu’elle attend un enfant. Elle parvient à se débrouiller et rencontre au bout d’un moment une nouvelle tribu, dirigée par son oncle… Peu de temps après, la jeune Hila voit le jour…
Par fredgri, le 5 avril 2025
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Scénariste :
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dessinateur :
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Coloriste :
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Éditeur :
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Collection s :
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Sortie :
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ISBN :
9791034767069
Notre avis sur De pierre et d’os
Librement adapté du roman de Bérengère Cournut, ce nouvel album de Jean-Paul Krassinsky nous entraîne en terre arctique, dans les pas de la jeune Uqsuralik qui se retrouve à devoir désormais se débrouiller sans sa famille, plongée dans un paysage aride, balayé par les vents.
Elle fait des rencontres, croise d’autres tribus, se construit de nouveaux liens, met au monde une petite fille, subit la violence de ce pays sans compromis, pétri de traditions, de coutumes qui se transmettent de génération en génération.
Dès les premières pages, nous glissons dans une culture dépaysante, généreuse, bienveillante, qui se bâtit sur la connexion entre les uns et les autres, chacun conscient d’être un élément d’un tout, le membre d’une cellule qui doit parfois s’aventurer sur ses propres pistes. Nous découvrons le quotidien de ces Inuits qui chassent, qui pêchent, qui construisent de quoi s’abriter, de quoi recevoir les voyageurs qui passent, qui peuvent avoir besoin d’aide.
L’écriture de Krassinsky est fine et émouvante, elle évoque de temps en temps des chants qui se chuchotent au coin d’un feu, la voix d’une vieille femme qui se prépare à mourir, un hommage à l’être aimé. L’artiste se rapproche de cette jeune femme, de ses pensées, on l’écoute avoir peur parfois, affronter la rigueur du climat, apeurée pour sa fille, mais rassurée par la chaleur de sa nouvelle famille. Il y a une vraie grâce dans les mots, dans ce petit côté sec et rèche, une émotion vive et authentique.
Car il s’agit avant tout du récit d’une vie, loin des grandes épopées, des quêtes existentielles. Uqsuralik traverse l’album, à la recherche d’elle-même, des limites qu’elle s’emploie à dépasser, dans les pas de son père, de sa mère, de tous ceux qui ont parcouru ce pays blanc avant et après elle. Cependant, bien que les mœurs soient différents et parfois déstabilisants, très éloignés de nos contrées dites "modernes", on peut à certains moments se retrouver dans le regard que pose la jeune femme sur ce qui l’entoure, sur ce qui motive sa respiration. On est alors troublé par cet album qui se dévoile d’une grande puissance évocatrice.
Je ne saurais assez vous conseiller cette passionnante lecture.
Par FredGri, le 05 avril 2025
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