DRAGON & POISONS
Le Bedonnant et le Balafré

Grâce au dragon, Névo et Greyson ont émergé du puits aux souhaits quelques vingt années plus tôt pour se retrouver à Pâmoison peu de jours avant que ces derniers, alors jeunes, fassent la bêtise de leur vie. Pour cela, ils ont décidé de rencontrer leurs doubles jeunes pour les empêcher de descendre dans le puits magique et de changer un tantinet leur avenir. Malheureusement, le face-à-face ne se passe pas bien et les deux hommes optent pour aller trouver Natch, la femme dont ils sont épris et qui dans leur avenir sera assassinée, pour l’avertir que Névo et Geyson jeunes sont prêts à la devancer dans son périple dans le puits aux souhaits. Aussi, sachant que celle-ci, un brin têtue, va vouloir partir avant ses traitres amis, Névo et Geyson vieux exigent de l’accompagner. Après avoir prouvé leur vaillance, ils sont acceptés par Natch. Bien harnaché de toutes sortes d’armes, le trio entame la descente dangereuse sans savoir que la surprise l’attend au fonds du puits et qu’il va devoir batailler dur pour arriver à ses fins.

Par phibes, le 23 juillet 2021

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Notre avis sur DRAGON & POISONS #2/2 – Le Bedonnant et le Balafré

Nous retrouvons les ambiances médiévalo-oniriques envenimées dans lesquelles Isabelle Bauthian et Rebecca Morse ont su, dans un premier opus bien décapant, nous immerger pleinement. A la faveur d’un voyage dans le temps perpétré par un dragon subtilement apathique, nous recroisons les deux personnages principaux, Névo et Greyson, qui ont décidé de revenir 20 ans en arrière pour empêcher leur moi de faire des bêtises.

Restant dans cette humeur fantaisiste bien agréable, la scénariste trouve le moyen efficace de jouer sur la temporalité de son récit et de mettre dans un face-à-face ubuesque les deux protagonistes dans des âges différents. La sagesse étant l’apanage des personnes âgées, Névo et Greyson (vieux) ont pris un coup dans l’aile et se voient ici, après avoir gâché la première partie de leur existence, transformés en redresseurs de tort vis-à-vis de leur moi jeune.

Dans ce micmac particulièrement léger, les péripéties se dégustent à coup de fleuret ou de revolver dans une tonalité certes toxique (eu égard à cet environnement où le danger peut provenir de tout côté) mais assurément bon enfant, nous réservant des échanges tonitruants sur un fond d’amourette pratiquement impossible. Isabelle Bauthian mène bien sa barque, tranquillement et sans complexité, au gré d’une aventure qui reste fluide et somme toute bien gentillette dans son résultat.

Le travail illustratif de sa complice demeure un véritable atout pour cette histoire. Bien inspirée sur la manière d’animer ses personnages au gré d’attitudes et d’expressions humoristiques, Rebecca Morse nous donne la bonne impression de jouer avec ses crayons dans un registre semi-réaliste qui lui convient parfaitement.

Une clôture d’aventure bien imaginée qui n’intoxiquera pas les amateurs d’univers tels que sait les produire l’éditeur Drakoo.

Par Phibes, le 23 juillet 2021

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