DUSHA
Neige rouge

En hiver 1937, à Moscou, la jeune Likha a pu, grâce à ses pouvoirs hérités de sa mère Martina, réanimé un déshérité dans la rue. Son action a été perçue par Ilya, l’un des auxiliaires dusha du docteur Loujine. Pendant que Ludmila, elle-même dotée de pouvoirs extra-sensoriels, assure au mieux son rôle d’éducatrice auprès de Likha, le Colonel Tselenko du NKVD demande au docteur Loujine d’enquêter sur Mijail Dzasokhov, un boxeur dont la popularité grandissante est mal perçue par le pouvoir en place. Le neurologue qui se sert du haut militaire pour retrouver la surprenante Martina, réunit donc son équipe de dusha dont Ilya qui lui apprend avoir localisé enfin Ludmila. Partant à sa rencontre, Loujine tente de faire pression sur celle-ci pour découvrir où se cache celle qu’il recherche sans relâche. Mais leur entrevue est marquée par l’intervention psychique de Likha qui, du coup, fait comprendre au scientifique qu’elle est la fille de Martina et également de Mijail. Il est donc décidé de procéder à l’arrestation du boxeur pour lui faire avouer ce qu’il sait en utilisant les pouvoirs de télépathie du sinistre Badia. Consciente de la torture psychologique subie par son père, Likha tente d’interférer. Serait-il possible que Mijail puisse être sauvé et que pourrait-il advenir à Likha maintenant qu’elle est découverte ? Et qu’en est-il de l’entité ancestrale qui l’habite ?

Par phibes, le 29 mars 2025

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Notre avis sur DUSHA #2 – Neige rouge

Après une première partie fortement engageante qui nous plongeait dans les ambiances de la Russie stalinienne au sein de laquelle un programme expérimental de manipulations psychiques (via les fameuses dusha) initié par un neurologue (Dr Loujine) était réactivé par le pouvoir en place. On découvrait sous le couvert d’un séquençage dynamique les personnages clés de ce programme ainsi que ceux qui le subissaient comme Martina, Ludmila.

S’assurant de rester dans un rythme équivalent, Francisco Ruizgé remet les couverts en balayant rapidement ses nombreux flash-backs qui articulaient le cadre et en s’intéressant tout particulièrement à la course-poursuite qui découle des avancées de l’enquête de Loujine et ses auxiliaires dusha. Le fantastique reste spécifiquement bien implanté dans cette suite au cœur de laquelle la jeune Likha prend toute sa place. Il ne fait aucun doute que le suspense est remarquablement entretenu et que la tension de départ engendré par la toute-puissance d’un pouvoir politique qui verrouille tout est appelée à s’amplifier généreusement par l’intervention d’une tierce entité.

La lecture de ce second tome se veut donc des plus emballantes à la faveur d’une gymnastique scénaristique bien éprouvée, mettant en avant une belle mixité entre l’historique et une fiction psychologiquement forte et amère.

Graphiquement, là aussi, les sensations sont au rendez-vous. Francisco Ruizgé met un œuvre une représentation picturale volontairement sombre afin de peser volontairement sur le récit. Les ombres portées sont bien ajustées, les personnages reflètent particulièrement un climat de tension, le tout dans un justesse de restitution du Moscou des années 30. Le choix des couleurs, froides au demeurant (à part les moments d’évasions de Likha), sont bien à propos et pèsent remarquablement sur cette équipée.

Une fin de diptyque historico-fantastique remarquablement orchestrée qui n’est pas sans vous envelopper et heurter votre sensibilité.

Par Phibes, le 29 mars 2025

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