Féroces Tropiques

1913, Heinz Von Furlau embarque comme "peintre officiel" à bord d’un navire de guerre allemand en partance pour la Papouasie sauvage. Son simple rôle de peintre le marginalise auprès de l’équipage qui n’apprécie que très peu cette "inactivité", mais pour le peintre, ce voyage c’est aussi la découverte de soi, d’un autre territoire, d’un autre peuple, de son Art tout simplement. Revenu parmi "les siens" il va se retrouver en pleine tranchées en Europe, puis revenir en Allemagne pour donner des cours… Mais a-t il trouvé sa voix, ne devrait-il pas revenir avec ce peuples de "sauvages" qui le respectait et le laissait libre d’exprimer son Art…

Par fredgri, le 16 février 2011

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Notre avis sur Féroces Tropiques

Il y a un premier pas vers cet album, un premier geste. On parcourt ces planches, émerveillé par la beauté expressionniste du graphisme, par cette technique à l’huile, plein de matière, d’une sensibilité exacerbée, d’une incroyable émotion. ce premier regard qu’on pose sur cet album, on a du mal à l’oublier, même en s’enlisant quelque peu dans le scénario. Car voilà. C’est absolument sublime, malgré tout le scénariste bouscule le lecteur d’une époque à l’autre sans véritable transition, il adopte une écriture très lourde avec des dialogues et autres pensées subjectives formulés de façon très sentencieuses, comme tout droit sortis d’un livre pompeux.
Du coup, il se créé une distance avec le sujet, avec le propos qui casse l’effet et qui nous éloigne des sentiments, des idées qu’éprouve l’artiste.
Ce qui fait qu’à la finale, on vit davantage par le graphisme et cette énergie qui en émane les émotions que peut éprouver le peintre, on entre dans sa vision du monde, dans la matière picturale qu’il veut développer, ce rapport aux paysage, à la couleur, à cet espèce de monde extérieur absolu qui vit avec la lumière, bien plus qu’on ne vibre en lisant les mots qui ne semblent parfois plus appartenir au même monde que cet homme !

Le titre nous renvoie à la fois au livre de Levis Strauss, à cette étude si juste des populations "sauvages", mais il nous renvoie aussi vers cette dureté qui attend notre "héros", sans concession, sans appel.

Je vous encourage donc très vivement à dévorer des yeux ce remarquable album, je ne connaissais pas le trait de Pinelli, et franchement j’en reste encore tout abasourdit.
Une magnifique couverture qui laisse déjà deviner ces textures qui vous emporteront !

Par FredGri, le 16 février 2011

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