FLASH OU LE GRAND VOYAGE
1/2

On est en 1968, les manif se multiplient en France et Charles vivotent grâce à quelques petites magouilles et autres cambriolages de seconde zone. Néanmoins, il lui faut bientôt partir pour se mettre au vert, il arrive à Beyrouth ou on lui propose de convoyer des armes depuis Tanger… Il investit l’argent gagné dans le trafic de Haschich, mais Charles est vite dépassé par les évènements, il finit à nouveau par fuir et arrive début 69 à Istanbul ou il rencontre une communauté de hippies avec qui il commence à vite trafiquer, avant de partir à nouveau en direction de l’Inde, de Bombay, d’Agathe, de Katmandou…

Par fredgri, le 23 août 2013

Publicité

Notre avis sur FLASH OU LE GRAND VOYAGE #1 – 1/2

Cette adaptation du roman éponyme de Charles Duchaussois, paru en 1971, nous raconte le parcours mouvementé de Charles Duchaussois qui fuit Paris et découvre d’une part le trafic de haschich, mais plus directement sa communauté de consommateurs qui va le mener jusqu’à Bombay et Katmandou, points centraux du mouvement hippie à la fin des 60’s.
Le roman "Flash" s’est vendu à plus de six millions d’exemplaires depuis sa publication, il reste encore à ce jour un livre culte, un document important sur cette contre-culture qu’était le mouvement hippie au début des années 70. Un récit qui nous présente cette culture du Haschich, l’esprit communautaire et libertaire de ces hippies, sans pour autant nous épargner les côtés peu reluisants dus aux dégâts de la drogue, à cette apathie mollassonne qu’elle provoque progressivement, aux excès qu’elle entraîne.

Les auteurs parlent aussi, en parallèle, du monde qui entoure les personnages, par le biais de flash infos ou par des détails glissés dans les cases. Ainsi, l’album ne reste pas seulement le récit d’un homme qui découvre la drogue, mais il devient surtout le reflet d’une époque très complexe ou Charles est confronté à ses propres limites, à la mort, à la dépendance sans fioritures, à la violence omniprésente. On est loin des images d’Epinal, flower power, délires psychédéliques et échanges hallucinés en se passant le Shilom, on est plutôt dans un récit en fuite, sans illusions particulières !
Il y a peut-être, par contre, une grosse tendance à l’exhaustivité, avec l’impression d’avoir un énorme condensé de tout ce qui se présentait à ce moment là, du trafic d’armes au Haschich, en passant par les gros bonnets trafiquants bourrés de fric au petits villages qui peinent à survivre, des belles filles riches insouciantes aux junkies qui traînent dans une ruelle, le Bollywood, les journalistes rapaces, les massacres, les overdoses etc. C’est simple, Charles traverse tout les aspects de cette époque en pleine révolution culturelle ou chacun se redéfinit et tente de se trouver de nouveaux horizons. Il est de toutes les expériences et ne prend presque pas la peine de se poser une seconde.
Et c’est cet enchevêtrement de situations, souvent assez tendues d’ailleurs, qui rend ce premier album des plus captivants. On a l’impression de suivre, en quelque sorte, une amorce de reportage gonzo qui nous décrit, à la première personne, les méandres brouillés d’une période très mouvementée. Charles prenant progressivement du relief au fur et à mesure qu’il se confronte à ses diverses expérimentations, qu’il fait de nouvelles rencontres. En contre partie, à part une ou deux exceptions, les autres protagonistes qu’ils croisent apparaissent, vivent le temps de quelques planches et disparaissent tout aussi vite. La trajectoire de Charles est sinueuse, très enrichissante, mais elle ne fait pas dans le détail !

Les auteurs se rapproprient donc avec beaucoup d’habileté le livre original, l’étoffant tout en restant très fidèles à la matière première. Le scénario est assez enlevé et très prenant, et même si Charles n’apparait pas comme un personnage très charismatique, ses aventures sont toutefois passionnantes, nous révélant bien plus le trajet d’un homme perfectible, pas toujours des plus avisés, mais gardant une sincérité palpable assez intéressante ! Graphiquement, les cases sont très souvent de toute beauté, avec une mise en couleur très vivante, bien dans le ton du récit.

Cet album est donc une très belle surprise, il nous entraîne dans une période fascinante, avec un anti-héros qui fera encore parler de lui ! On attend la deuxième partie de cette histoire, de ce point de non retour…

Par FredGri, le 23 août 2013

Publicité