GRAND BOURGOGNE OUBLIE (UN)
Douze bouteilles à la mer

Suite au décès de son grand-père écossais, Tess, compagne de Manu, a hérité de sa cave. Cet héritage n’est pas pour déplaire à Manu, viticulteur bourguignon passionné, qui en profite pour faire un état des lieux. Entre de vieux trucs, il découvre une caisse dans laquelle il trouve douze bouteilles anciennes datant du tout début du 19ème et arborant chacune la lettre B. De retour en France quelques jours plus tard, Manu fait un tour sur le plateau de Brancion afin d’aller visiter une cave à proximité du château dont il aimerait en faire l’acquisition pour le stockage de sa production et pour la faire vieillir. Se révélant le lieu idéal, il tente de persuader son frère de se joindre à lui. Mais en consultant son notaire, Manu connaît une première déconvenue, celle concernant la décision prise par les anglais adoptant leur retrait de l’Union européenne qui va avoir un gros impact sur l’importation de son vin au Royaume-Unis. La deuxième va venir directement de son acheteur anglais qui renonce à lui prendre les 10 000 bouteilles compte tenu de l’augmentation des coûts. Le projet d’acquérir la cave est compromis si Manu ne trouve pas un nouveau client. A la recherche de ce dernier, le producteur va également tenter de connaître l’origine des douze bouteilles mystérieuses.

Par phibes, le 18 janvier 2022

Publicité

Notre avis sur GRAND BOURGOGNE OUBLIE (UN) #3 – Douze bouteilles à la mer

Le tandem Manu Guillot, Hervé Richez et Boris Guilloteau se reforme pour la troisième fois sous la bannière bourguignonne et ce, pour le plus grand plaisir de leurs fans et de ceux qui se veulent adeptes de ce fameux élixir qu’est le vin issu des nombreux terroirs de France et de Navarre. Ce nouvel opus nous livre une équipée complète qui a l’avantage d’être passionnée et passionnante.

N’hésitant pas à se mettre en scène (surtout pour le scénariste Manu Guillot), il retrouve son compère Hervé Richez pour nous sensibiliser sur les péripéties d’un producteur viticole qui se doit de faire le grand écart entre protéger son exploitation en difficulté et s’intéresser sur la provenance de bouteilles très mystérieuses dont sa compagne a hérité.

Sous couvert des ambiances frémissantes du Brexit, les coscénaristes trouve un juste équilibre dans leur récit en nous immergeant dans des pérégrinations qui trahissent pleinement la passion du vin. En effet, ces derniers n’hésitent pas à de nombreux moments de faire référence au monde viticole (rigueurs de l’exploitation, de la vinification, de la commercialisation, de la dégustation…) et apportent une touche documentaire non négligeable à cette aventure madérisée tout en restant dans des dispositions légères, parfois cocasses. Mais ce n’est pas tout car l’affaire des bouteilles se veut également s’inspirer de faits historiques qui bien sûr apporte une réelle consistance à l’intrigue mise en place, appuyée en cela par un réel attrait des personnages (dont certains authentiques). Ainsi, le résultat, à dimension humaine, demeure des plus sympathiques et de fait captivant.

La mise en images de Boris Guilleteau reste toujours très agréable à parcourir. En effet, sous des effets de lavis de gris, l’artiste croque le monde de Manu avec beaucoup de sensibilité et recherches. Alternant entre décors superbement travaillés et personnages naturellement attachants grâce à une bonhomie bien subtile, le dessin demeure bien révélateur d’une volonté de distraire le lecteur.

Un troisième volet sirupeux, aux arômes envoutants, qui parvient à exciter nos papilles tout autant que notre curiosité.

Par Phibes, le 18 janvier 2022

Publicité