It's lonely at the centre of the earth

Dans quelques temps, Zoe Thorogood va assister à sa première convention US de comics, en tant qu’autrice. Elle décide d’entamer une sorte de journal artistique ou elle note ses impressions sur son métier, la montée en pression en attendant la date du départ, ses doutes sur son statut d’artiste, sur le rapport qu’elle entretient avec le monde, sa dépression omniprésente, sur ses précédents boulots… Zoe se dévoile fragile et touchante…

Par fredgri, le 24 janvier 2024

Publicité

Toute la BD, que de la BD !

Notre avis sur It’s lonely at the centre of the earth

Vous ne connaissez peut-être pas encore Zoe Thorogood, mais il va falloir rattraper ça, pendant qu’il en est encore temps.
La jeune artiste n’a pour l’instant que trois albums de traduits, « Dans les yeux de Billie Scott« , en novembre 2022 (Bubble Editions), « Rain » en septembre 2023 (Hi-Comics) et donc « It’s lonely at the centre of the earth » qui vient de sortir, toujours chez Hi-Comics. Elle a le vent en poupe et les mois qui viennent devraient apporter d’autres œuvres sur le marché de la VF, on croise les doigts.

En attendant, autant vous le dire tout de suite, mais cet album est certainement l’une des grandes lectures du moment. Une tentative d’autobiographie libre et sensible ou Zoe Thorogood explore avec une vraie liberté de ton sa propre histoire et les couches successives de sa personnalité, s’interrogeant sur la conception qu’elle a de son propre travail. Très vite, on est fasciné par l’énergie créatrice qui se dégage de ces pages, l’audace des diverses mises en page et la sincérité de cette jeune autrice d’à peine 25 ans qui porte un regard extrêmement lucide sur cet Art qui l’aide à trouver son équilibre, malgré les difficultés qui restent, malgré ce rapport complexe à la réalité qui vient sans cesse se dresser devant elle, au fil des années.
L’écriture n’est pourtant jamais réellement plaintive, ni même auto-flagellante, c’est avant tout le moyen de mettre des mots aux idées, de s’adresser parfois aux lecteurs eux-même, de créer le lien et sortir de la solitude. On comprend la nécessité qui sous-tend la réalisation de cet album, presque thérapeutique, mais en tout cas c’est avant tout l’expression d’une créativité décomplexée qui transpire la liberté.
Devant nos yeux, s’étire une personnalité d’artiste que l’on a envie d’accompagner tellement on est subjugué par ce qui se dégage de ces planches, ces idées qui fusent, les changements de style, ce ton, cette voix pleine de sincérité qui retentit quelque part, au loin…

Je referme la dernière page et j’ai envie d’y retourner, de reprendre ses deux précédents albums.
Elle s’appelle Zoe Thorogood, n’oubliez pas ce nom, on va vous en reparler, soyez-en sûrs…

Vivement recommandé.

Par FredGri, le 24 janvier 2024

Publicité