L'homme qui aimait les plantes

A Metz, en ce lieu médiéval qu’est le Cloître de Récollets, l’institut européen d’écologie a pris ses marques au sein duquel oeuvre Jacques Fleurentin, ethnopharmacologue. Comme sa spécialité l’indique, ce scientifique s’occupe de l’étude des médecines traditionnelles et des remèdes qui s’y rapportent. Pharmacien à la base, il s’est intéressé très tôt aux plantes et à leur vertu thérapeutiques sous le couvert d’un autre pharmacien biologiste et botaniste, le professeur Jean-Marie Pelt, qui a marqué profondément son parcours universitaire. Pour parfaire son savoir et assouvir sa passion, Jacques Fleurentin n’a pas hésité à parcourir le monde à la recherche de ces plantes médicinales vertueuses utilisées par les locaux pour soigner leurs semblables. Autant dire que les plantes et leurs propriétés représente toute sa vie.

Par phibes, le 8 mars 2023

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Notre avis sur L’homme qui aimait les plantes

Stéphane Piatzszek, connu pour ses récits historiques aventureux (Commandant Achab, l’île des Justes, La Cour des Miracles, Les maitres des îles, Kilomètre Zéro…), a décidé cette fois-ci de s’intéresser à un homme, une figure scientifique messine en l’occurrence Jacques Fleurentin qui a la spécificité de s’intéresser au plus haut niveau aux plantes médicinales.

S’appropriant donc sa biographie, le scénariste en relate les points essentiels ayant un rapport avec son métier, sa passion et ce large savoir qui en découle. Pour cela, l’auteur a souhaité éluder une évocation biographique trop linéaire pour développer un récit plutôt séquencé, jouant pour cela sur les époques clés de la vie de l’ethnopharmacologue. Le principe adopté est intéressant par le fait qu’il permet de construire rapidement la personnalité de cet homme et d’appréhender, didactiquement parlant, un parcours au fil des années très diversifié, fait de découvertes, d’analyses et de travaux pointus.

Cette chronique rapide a aussi le privilège de nous faire connaître un domaine qui se réfère à la nature et à sa générosité, de découvrir une médecine sous un autre angle, et ce dans des termes qui font le mix entre une certaine simplicité et une perception plus scientifique. Cette sensibilisation peut être, par ce biais, être de nature à susciter pour certains quelques vocations, pour d’autres juste une curiosité.

De son côté, Benoît Blary fait un travail en couleurs directes de qualité, dressant un portrait de Jacques Fleurentin dans des dispositions pleinement naturelles. Mettant en avant un personnage dans plusieurs tranches d’âge, l’artiste livre un message sensible, bien évocateur de la passion qui l’habite. Cette présentation est agrémentée d’un exotisme débordant (voyages au bout du monde) et d’une superbe restitution en pleine page de plantes médicinales qui renforce le côté formateur.

Un album intéressant qui a la particularité de nous ouvrir les yeux, outre sur la nature et ses nombreuses qualités thérapeutiques, sur un homme qui a transformé son métier en une grande passion.

Par Phibes, le 8 mars 2023

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