La petite fille et le postman

1906, San Francisco vient de subir un terrible tremblement de terre qui a fait de très nombreuses victimes, dont la mère de la petite Jenny qui se retrouve désormais avec son beau-père. Ce dernier, complètement dépassé par la situation, décide d’envoyer la fillette chez ses grands-parents, et pour cela, il choisit de l’expédier tel un colis, légalement, profitant d’une ambiguïté dans le règlement de la Poste… C’est ainsi que Jenny rencontre Enyeto, un facteur amérindien qui se charge de l’accompagner jusqu’à Chicago, dans l’Illinois !
Ce qui commence comme un contrat plutôt étrange, se transforme au fil des kilomètres en une amitié profonde et sincère entre ces deux êtres…

Par fredgri, le 5 septembre 2023

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Notre avis sur La petite fille et le postman

A l’aide du dossier en fin de volume, les auteurs nous révèlent que l’idée qui tient le scénario, aussi incroyable, voire absurde, puisse-t elle être, est en fait inspirée par la réalité. Au début du 20e siècle, en effet, le règlement de la Poste américaine ne précisait pas la nature des colis à expédier, sauf qu’il ne devait pas excéder 5 pounds (soit environ 23 kg). Du coup, il est arrivé que certains « facteurs » doivent se charger de bébés, de petits enfants…
Cela peut nous apparaître incroyable aujourd’hui, de réduire des êtres humains à l’état de simple objet que l’on expédie par la Poste, mais les époques ne sont pas les mêmes et surtout, même alors, le geste restait assez décrié.

En attendant, le scénario se sert de ce prétexte pour animer un périple ou l’on regarde deux personnes aux antipodes l’une de l’autre, qui se lient d’amitié, au fur et à mesure que les épreuves se dressent sur leur chemin.
Plus on avance, plus on se prend d’affection pour ce sympathique duo, par leurs échanges, la façon de parler de Jenny, le stoïcisme d’Enyeto et ses gestes attentionnés pour protéger la gamine. Tandis que cette dernière laisse petit à petit tomber son voile de petite peste pour devenir un fillette qui s’attache à cet indien rustre, mais touchant. Toute la qualité du récit vient d’ailleurs de cette complicité, bien plus que du début et de la fin. Car même si l’on connait la destination, on ne pense qu’au voyage et ces moments ou ensemble ils apprécient la vie et le monde qui les entourent.

Un album assez touchant dans sa justesse et les portraits tout en finesse qui nous sont présentés. Peut-être ne s’agira-t il pas de l’album de l’année, mais il réserve aux lecteurs un très agréable moment de lecture à ne pas bouder.

Vivement conseillé.

Par FredGri, le 5 septembre 2023

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