Le lierre et l'araignée

« Automne 1940, alors qu’Hitler annexe l’Alsace, un groupe d’adolescents s’empare de l’arsenal abandonné par l’armée française dans les forts qui entourent Strasbourg. Ils prennent pour emblème la Feuille de Lierre et entrent en Résistance.
Été 1995, un enfant pêche des truites sous le regard bienveillant de son grand-père. L’eau pure des montagnes ravive les souvenirs et délie les langues. »
Résumé éditeur

Par fredgri, le 6 février 2024

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Notre avis sur Le lierre et l’araignée

Plus que jamais la seconde guerre mondiale est au cœur de l’actualité. Les hommage pleuvent de tous les côtés, qu’il s’agisse de raconter le parcours de résistantes célèbres, d’évoquer cette période traumatisante ou simplement de plonger dans les souvenirs, comme ici, d’un grand-père, ce cauchemars historique n’est jamais autant apparu si proche qu’en ce moment dans la mémoire collective. Nous sommes dans une période transitoire ou les derniers survivants peuvent encore témoigner avant que tout ça ne se cantonne aux livres d’Histoire.

Avec ce nouvel album, Grégoire Carle se rapproche donc de la vie de son aïeul Bernard, alors qu’il avait 15 ans dans les années 40. L’auteur se souvient des moments ou ils allaient pécher ensemble, ou se laissaient aller à contempler la nature qui les entourait, à écouter les mille et uns sons de ce silence bruyant et incroyablement vivant. Le parallèle se fait alors avec les moments passés, avant la guerre, de Bernard et ses amis, à plonger, pécher, s’imaginer de multiples aventures avant de découvrir les réalités de la guerre, les évacuations, les ruines…
Avant de nous plonger dans le cœur du récit, Carle évoque l’Histoire, nous explique les tenants et aboutissants de ce conflit qui divisa sa région, l’Alsace. C’est parfois un peu froid et distant, on peine à s’attacher aux personnages qui restent des silhouettes qui traversent les pages, sans forcément tenter de nous attendre. Car oui, c’est la guerre, oui il faut résister, oui c’est l’âge des combats, des faits d’arme, oui oui oui… Mais on a surtout le sentiment de lire un livre d’Histoire sur une bonne grosse moitié de l’album qui aligne les points d’approche, qui contextualise plus qu’il n’humanise.
Ainsi, c’est intéressant et très instructif, on aurait peut-être juste aimé parfois se nourrir d’un récit plus captivant.

Il faut dire que le dessin entretient cette impression en retrait qui nous prend dès le début. Toutefois, dès qu’il se tourne vers la nature, vers ces instantanés naturalistes, on sent que Carle est dans son univers, qu’il y est à l’aise. On sentirait presque l’air vibrer, le son de l’eau dans la rivière couler juste à côté, ou le frôlement léger d’un oiseau.

Autant, je ne suis pas vraiment parvenu à entrer dans l’histoire, à en être ému, autant les moments plus calmes, plus contemplatifs m’ont particulièrement parlé.

Par FredGri, le 6 février 2024

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