LES ENFANTS DU CIEL

En 1936, Alexandre qui se trouve à Rome participe à des fouilles archéologiques à la demande expresse de l’évêque Tertullio. Alors qu’il met à jour une peinture rupestre, le prélat vient lui annoncer la mort tragique de Maya, son épouse. Dépité par cette terrible nouvelle, il découvre que cette dernière a été abattue par un policier cynique à la solde du régime fasciste. Sa soif de vengeance qu’il clame haut et fort attire les foudres de la gent policière. Aussi, l’évêque décide, pour le protéger, de l’envoyer effectuer des recherches sur les antiquités judaïques de Flavius Josèphe et sur la véracité de ses écrits. Quelques six années plus tard, Alexandre poursuit obsessionnellement sa mission et à ce titre, se trouve à Siwa, une oasis proche de la frontière libyenne grevée par la guerre au sein de laquelle un homme confiance, Omar, a découvert dans une nécropole la trace de Juste de Tibériade, l’ennemi juré de Flavius Josèphe. C’est ainsi qu’il met la main sur une partie de manuscrit écrit par ce dernier mais est malheureusement dérangé par l’intervention de militaires allemands. Est-ce que les quelques feuillets récupérés vont lui permettre de remonter la piste de l’historiographe romain et susciter le doute sur ses textes ? Autant dire que sa quête va s’avérer des plus compliquées, entre une hiérarchie religieuse qui n’approuve pas sa démarche, la pression des hommes du Grand Mufti de Jérusalem partisan d’Hitler et d’un scientifique nazi, et la présence pesante du NKVD russe représentée par la troublante Esther.

Par phibes, le 20 septembre 2023

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Notre avis sur LES ENFANTS DU CIEL

A l’origine de la série Le sang noir (4 tomes) et de l’immense saga I.R.S (23 tomes), le duo reconnu Steven Desberg / Bernard Vrancken se reforme pour une histoire historique complète liée à la quête d’un archéologue durant la seconde guerre sur la véracité des écrits d’un historiographe romain d’origine juive du 1er siècle après JC à savoir Flavius Josèphe.

Cette équipée a le privilège de reposer sur des bases historiques solides ayant trait à l’histoire du peuple judéen écrite par Flavius Josèphe contestant la position d’un de ses pairs juifs Juste de Tibériade. Eu égard à cet antagonisme qui met en balance les écritures du rapporteur romain juif, Steven Desberg se sert donc de celui-ci pour initier une intrigue subtile, dense à souhait, autour de laquelle plusieurs personnages sont appelés à se croiser.

L’occasion nous est donnée de découvrir une aventure dramatique parfaitement cadrée, forte et riche, qui met en exergue les pérégrinations documentées d’un homme tourmenté, Alexandre, qui va devoir, dans sa quête de vérité, s’opposer à d’autres personnages comme Esther, Von Wiesenbach, Bilal, le lieutenant Donio et à un conflit qui fait rage. Le voyage auquel nous participons nous plonge en plein 20ème, sur le territoire égyptien et nous assure d’un dépaysement total.

Remarquablement cadencé à la faveur d’un chapitrage marqué, le récit fait la part belle à des séquences vécues chacun à leur tour par les différents protagonistes. Le tout s’enchaîne sous le couvert d’une narration intimiste imposante et prégnante, traduisant ainsi des réflexions profondes qui devraient nous amener à découvrir le déroulement ardu des recherches entreprises et susciter l’envie de connaître les dessous inquiétants de la fameuse intrigue.

Connu pour son travail réaliste dans sa série phare I.R.S, Bernard Vrancken continue à nous émerveiller à la faveur d’un trait parfaitement éprouvé qui fait la part belle à des décors majestueux et à des personnages réellement charismatiques. La recherche documentaire est indéniable (les scènes de guérilla sont criantes de vérité, les monuments égyptiens sont superbement représentés) et conforte l’authenticité du récit. Alexandre et ses pairs sont convaincants dans leurs excursions et dans leurs pensées les plus profondes. Le couple formé avec Esther fonctionne réellement bien et suscite une réelle douceur. Les séquences antiques sont quant à elle adroitement dessinées à l’encre noire bien significative. A ne pas oublier l’impressionnante colorisation de Colette Vercouter qui apporte un relief ô combien chaleureux et profond au travail du dessinateur.

Une aventure copieuse basée sur un mystère historique superbement orchestrée par un tandem d’auteurs qui n’ont pas fini de nous emballer.

Par Phibes, le 20 septembre 2023

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