Liberté, égalité, s'émanciper

Grâce à ce roman autobiographique, l’auteure nous livre un pan de sa vie. C’est au cours d’un simple visionnage de photographies en famille que Chadia explique, qu’à l’époque, elle ne pouvait pas mettre un « crop top » à 18 ans ou faire tout autre choix personnel avant d’être mariée. S’en suit un long échange entre elle et ses filles, curieuses d’en apprendre plus sur l’émancipation de leur mère au sein de sa famille autoritaire et la manière dont elle a contourné les règles pour gagner en liberté.

Par maude, le 10 avril 2025

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Notre avis sur Liberté, égalité, s’émanciper

Ce nouvel album de cette auteure est facilement reconnaissable par son graphisme et une colorisation très personnels. Ici, le passé est évoqué par des teintes rosées s’ajoutant aux tons de gris, tandis que le présent se pare de couleurs plus réalistes. Peut-on expliquer ce choix de rose pour sa référence au sexisme ? Certainement… en tous cas, c’est saisissant.

Adolescente, Chadia vivait beaucoup de souffrances : le fait d’être assignée à résidence, de se priver de relation sociale ou encore de manquer de liberté de choix.  S’évadant en premier lieu par la lecture, son imagination lui permettait de prendre l’air et de s’échapper. Mais cela n’a duré qu’un moment, la pression devenue trop forte, Chadia a fait le choix de fuir. Son unique choix face à la peur était d’affronter sa mère et fuir malgré l’amour.

Pourquoi ses frères jouissaient-ils d’une plus grande liberté quand elle et ses sœurs devaient s’affairer aux tâches ménagères ?

Pourquoi ne pouvait-elle pas choisir son avenir, pourquoi devait-elle accepter de se diriger vers ce que ses parents attendaient d’elle ?

Ne supportant plus son manque de liberté et l’éducation inégalitaire reçue au sein de sa famille, elle a courageusement fait le choix de s’affranchir pour se libérer de ces règles. L’occasion nous est donnée à la lecture de suivre l’évolution de Chadia, mais aussi celle de sa famille.

Elle nous donne ici un récit intime engagé, qui met l’accent sur l’injustice, les inégalités, le manque de choix, de liberté et de subjectivité de certaines femmes au sein des familles. Le poids des traditions est encore lourd et trop nombreuses sont les jeunes filles qui n’osent pas, qui redoutent, qui se taisent. 

On apprécie cet échange entre Chadia et ses propres filles, signe de changement, d’évolution, puisque sa propre expérience lui a permis de ne pas reproduire le même schéma.

Par Maude, le 10 avril 2025

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