Murmures des sous-bois

Poppy vient de perdre sa grand-mère. A la maison, sa mère a du mal à surmonter sa peine, elle reste toute la journée sur le canapé. Pendant ce temps, La jeune fille va promener le chien, Pepper. Un jour, ce dernier suit un renard et entraîne sa maîtresse dans les sentiers d’un bois voisin. Là, elle rencontre Rob, un mystérieux garçon qui aime se promener sur les chemins sauvages pour observer les traces qui se devinent sur le sol, les petits animaux qui grimpent le long des troncs ou simplement écouter les oiseaux. Petit à petit, Poppy se prend au jeu, elle s’accroupit et découvre un monde qui lui était jusque là inconnu… Secrètement, elle espère convaincre sa mère de venir elle-aussi partager ces moments avec elle, qu’elle retrouve le sourire…

Par fredgri, le 23 mars 2024

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Notre avis sur Murmures des sous-bois

Il suffit parfois de pas grand chose, une balade, la beauté des chemins forestiers, des moments simples à observer tranquillement la nature qui évolue autour de nous. C’est en quelque sorte le message que veut faire passer Kengo Kurimoto dans cet album sans prétention, si ce n’est de nous faire gouter les charmes d’une promenade dans les sous-bois.

En effet, il n’y a ici pas de grandes intrigues, de drama trop appuyé, ni même véritablement de grand scénario. Le « concept » de cette histoire est des plus simples, mais tout passe par la sincérité de la démarche, ce côté à la fois contemplatif et subtil qui amène le lecteur tout naturellement à s’immerger dans les planches de cet extraordinaire album qui est bien plus une pause, avec très peu de dialogues, pas vraiment de rebondissements.
Il n’y a que trois personnages, Poppy, sa mère, Rob et le chien Pepper. Chacun à son rôle, qu’il s’agisse de la jeune ado citadine qui découvre un univers tout nouveau, le jeune rêveur qui la guide dans cette « initiation », qui lui montre ou et comment regarder, il y a aussi le chien qui voit son horizon de promenade s’élargir, des sensations olfactives, des sons… Puis plus en retrait, il y a la mère, encore meurtrie, qui décide à un moment de suivre sa fille et son ami, de se laisser surprendre par les petits riens qui se glissent sous les feuilles, dans le ciel.

Murmures des sous-bois se présente vite comme une très belle expérience de lecture, magnifiquement servie graphiquement par des planches ou le temps se fige parfois, ou l’on peut regarder une plante étendre ses feuilles, un escargots remonter le long d’une tige, ou l’on écoute les oiseaux se lancer des signaux d’alarme à l’approche d’un humain, d’un chat…

J’ai pour ma part beaucoup aimé ce non-récit qui prend son temps, qui nous rappelle l’essentiel d’un moment à s’allonger pour juste respirer en regardant ce qui nous entoure.
Pas de longs discours naturalistes, pas d’interminables monologues surexpliquant l’inexplicable, ni d’étalages de connaissances… On savoure chaque planches, on respire, on ne voit pas l’album filer devant nous et on est déjà à la fin…
Mais on peut toujours recommencer, allez…

Très vivement recommandé !

Par FredGri, le 23 mars 2024

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