Naissance d'un agent double

1988, à Moscou. Kim Philby, qui vit dans la capitale russe, retrouve un vieil ami d’Angleterre. Il lui raconte comment il est devenu espion et agent double.
En 1930, Philby s’engage dans la lutte contre le fascisme et devient communiste. Il est alors recruté par des agents du service de renseignement russe…

Par berthold, le 11 mars 2020

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Notre avis sur Naissance d’un agent double

Pierre Boisserie et Christophe Gaultier nous racontent ici un pan de la vie du plus célèbre traitre de l’histoire de l’espionnage. Kim Philby a été l’un des plus grands agents doubles, il a travaillé pour les russes alors qu’il etait agent au MI6 et c’est au moment où il allait diriger ce célèbre service anglais, qu’il fut démasqué et fut exfiltré par le KGB en urgence.

Avec cet album, les auteurs s’intéressent davantage à ses débuts et à la façon dont il a commencé sa carrière. Ce récit est passionnant, il nous parle des années 30, de la montée du fascisme en Europe, de sa participation à la Guerre Civile espagnole en tant que journaliste et espion russe, puis de son entrée au MI6.
Nous découvrons aussi ses relations avec son père, espion anglais aussi, et sa mère. Philby fut aussi un homme qui aimait les femmes, qui eut de nombreuses relations. Nous le découvrons avec ses amis, dont Guy Biurgess et Anthony Blunt, deux autres espions russes.
Cet album se lit comme un excellent thriller, avec quelques rebondissements assez surprenants. Boisserie a un bon sens de l’écriture, il n’y a pas de temps mort et le rythme est soutenu.

Gaultier nous montre une autre facette de son talent. C’est efficace et simple. Le trait est agréable et va à l’essentiel. Ce style convient parfaitement à ce genre d’histoire. Le dessinateur exprime parfaitement les émotions dans le visage des personnages. Son Philby gagne en charisme et en présence. Les couleurs de Marie Galopin nous plongent dans l’atmosphère particulière de cette biographie.
Un très bon album. Boisserie et Gaultier ont su bien nous montrer comment un homme, par conviction, peut se retrouver à trahir son pays et travailler pour une puissance étrangère.
Ce récit décrit parfaitement aussi les années 30 et revient sur quelques faits marquant de cette période liés à la montée du fascisme. Le tout est bien amené et nous tient en haleine jusqu’au bout.

 

Par BERTHOLD, le 11 mars 2020

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