ou le destin d'un esclave modèle

Comme son titre l’indique, cet album conte l’histoire d’Atar Gull, un esclave modèle… Et oui pour une fois il est préférable de ne pas en connaître davantage sur l’histoire pour ne pas gâche votre plaisir de lecture.

Par melville, le 2 octobre 2011

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2 avis sur ou le destin d’un esclave modèle

« Atar Gull » ou le destin d’un esclave modèle signe la rencontre de deux grands auteurs de bande dessinée, Fabien Nury et Büno (toujours accompagné de Laurence Croix pour la couleur).

Le scénario de Fabien Nury – adapté du roman d’Eugène Sue (écrivain de la première moitié du XIXème siècle) – est captivant. Le récit se déroule pendant la période où la traite des Noirs entame son déclin. Et sous le couvert d’un récit empreint d’exotisme et de romanesque, notamment incarné par le capitaine Brulart (personnage que l’on peut voir sur la couverture comme émergeant de l’ombre d’Atar Gull), le propos porte un regard bien plus fort sur l’esclavage que le dernier Joann Sfar (Les Lumières de la France, Dargaud). Fabien Nury découpe son récit en deux chapitres précédés d’un prologue et terminés par un épilogue. Cette construction narrative offre à l’histoire du souffle et une dimension de fresque historique, mais où jamais la trame maîtresse n’est perdue de vue. Habilement, l’auteur met en place les pièces de son puzzle infernal… Et un des points intéressants de la démarche de Fabien Nury est qu’il laisse pleinement la place au dessinateur.

Au dessin on retrouve donc Brüno dont le travail m’impressionne toujours autant. Jusqu’à présent le parcours de ce dessinateur était un sans faute et continu sur sa lancé avec Atar Gull. Son style, très typé BD où on pourrait y voir dans une certaine mesure un héritier de la ligne clair, est en même temps totalement singulier et associé à un grand sens du cadrage. La grammaire de Brüno qui a presque quelque chose de cinématographique est réellement l’un de ses meilleurs atouts. Enfin il ne faut pas omettre la superbe mise en couleur de Laurence Croix qui sublime le trait de Brüno. Elle fait partie des grands noms de la couleur en bande dessinée.

« Atar Gull » ou le destin d’un esclave modèle est un récit superbement mis en scène aussi fascinant qu’il est terrifiant. Sans nul doute possible un must à posséder d’urgence.

Par melville, le 2 octobre 2011

Le parfum d’aventure qui flotte sur le livre et l’incroyable intensité de ces dessins tout en ligne claire m’ont immédiatement attiré. Cette fresque historique, par ailleurs, a le mérite de nous entraîner sur les chemins de cette terrible traite des esclaves, entre l’Afrique et l’Amérique.

Et, le fait est que j’ai dévoré le livre, intrigué par le ton, me demandant où tout cela allait nous mener, face à un Atar Gull impossible à cerner.

Je ne regrette pas cette lecture, mais j’ai éprouvé un léger goût d’inachevé. Tout se passe finalement trop vite et nous ne parvenons pas à toucher à la psychologie des personnages. L’émotion est quasiment absente du récit. Peut être les auteurs ont ils voulu recréer à la perfection la déshumanisation qui régnait dans les plantations ou sur les bateaux de ce commerce triangulaire ? De ce point de vue, c’est une réussite. Toutefois, le revers de la médaille est ce sentiment d’être passé à côté de quelque chose…

Par Legoffe, le 17 décembre 2011

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