Primaires academy

A quelques mois de l’élection présidentielle et, alors qu’à l’UMP le candidat déjà auto-désigné fait surveiller attentivement tous les faits et propos des candidats socialistes, ce n’est pas l’harmonie qui règne dans les réunions de la rue de Solférino.
Sous l’œil scrutateur des journalistes, les candidats aux primaires font dans l’aimable et la courtoisie, à huis clos, l’harmonie ne semble plus être de mise et les noms d’oiseaux fusent. Comment les départager quand l’ombre de Tonton plane sur chacun d’eux.

Par olivier, le 2 octobre 2011

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Notre avis sur Primaires academy

Pierre Boisserie que l’on connait plus comme scénariste d’aventures ou de saga familiale et Frederic Ploquin, grand reporter, semblent avoir été inspirés par une actualité française dont on ne cesse de nous rabattre les oreilles : les primaires socialistes.
Sous le prétexte de mettre en concurrence, sous la forme d’une de ces émissions dont nous accable la télévision, les différents candidats afin de désigner celui qui emmènera le parti socialiste vers la victoire aux présidentielles, ils nous refont la biographie de François Mitterand.
Envisager les primaires sous la forme de show télévisé, avec en animateur vedette un vieux briscard du socialisme : Michel Rocard, n’est à priori par si déplacée qu’on pourrait le penser. On a vu des hommes politiques se livrer à des exercices télévisuels plus ridicules que cela.
Les deux compères prêtent donc à Michel Rocard l’idée de les entrainer dans un reality show où chacun devra accomplir une mission et ramener un trophée pour se départager et faire que le meilleur se présente et gagne les élections.
Le point commun à toutes ces épreuves : François Mitterand, dont tous se réclament.
Car c’est bien de lui et uniquement de lui dont il est question dans cet album, de son parcours, de ses engagements et … de 50 ans de politique française.
Avec un humour parfois grinçant, Pierre Boissserie et Frederic Ploquin nous rappellent ou nous apprennent (pour les plus jeunes) qu’un parcours politique n’est pas un long fleuve tranquille, qu’il faut savoir faire des compromis, ne pas avoir honte de petits mensonges et de gros bobards pour rester dans le grand cirque de la politique.

Voilà un album ancré dans l’actualité qui a le mérite d’être très lisible, c’est un peu l’histoire de la gauche sous la quatrième et cinquième république pour les nuls, un cours de rattrapage pour tous ceux qui auraient pu oublier tout ce qui a construit le PS.
Aucun parti pris, cet album est le parfait pendant de La Droite, petites trahisons entre amis et personne n’est oublié. Entre l’esprit pamphlétaire des journaux satiriques et la critique objective d’un Marianne, le ton est juste, objectif, descriptif, parfois un peu irrévérencieux, mais c’est peut-être le plus délicieux.
Le dessin de Pascal Gros sans être, volontairement, réaliste nous laisse parfaitement reconnaitre les différents protagonistes. Le trait épais, entre caricature et portrait accompagne sans fioritures les dialogues parfois acerbes des co-scénaristes.

Par Olivier, le 2 octobre 2011

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