Qui a peur des contes de fées ?

"En 1979 et 1980, Carlos Trillo et Alberto Breccia décident d’adapter certains contes de fées popularisés par les frères Grimm et repris antécédemment par l’usine Disney. À l’époque, l’Argentine est encore aux prises avec la dictature. Blanche-Neige, Cendrillon, Hansel et Gretel, Le Petit Chaperon rouge, La Belle au bois dormant… Écrasés par les années de plomb, les deux auteurs vont alors truffer leurs histoires de messages sous-jacents qui, à l’aube du XXIe siècle, deviennent éclairants… … Cette édition reprend les cinq contes réinventés par Trillo et Breccia. Ces histoires, parues à l’origine dans El Péndulo, Hurra, Alter Alter et SuperHumor, n’avaient jamais été recueillies en français."
Résumé éditeur

Par fredgri, le 12 février 2022

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Notre avis sur Qui a peur des contes de fées ?

On sait que les années 70 jusqu’au début des années 80 furent des années de transformation pour Alberto Breccia, qui non seulement devait sans cesse faire attention à ce qu’il produisait, surveillé par le pouvoir en place, mais en plus amena son dessin à changer radicalement, multipliant les techniques, s’essayant avec succès à la couleur directe. Plus que jamais le maître impressionna des générations de lecteurs et d’artistes.

Dans cet album sorti assez discrètement, nous le retrouvons donc avec son complice Carlos Trillo, afin d’adapter 5 célèbres contes, Blanche-Neige, Cendrillon, Hansel et Gretel, Le Petit Chaperon rouge et La Belle au bois dormant. Ils dépassent allégrement le vernis Disneyien pour à la fois moderniser le propos et y glisser des piques sur le régime militaire qui étranglait l’Argentine à cette époque et revenir sur le ton original de ces histoire, avant que des conteurs comme les frères Grimm ou Perrault ne viennent aseptiser ces histoires. Ainsi, chaque conte gagne un ton plus adulte, parfois même plus cruel. Et si l’on passe à côté de certains éléments plus glauque, comme l’anthropophagie des premières versions du Petit Chaperon Rouge, on redécouvre tous ces personnages dans des versions bien moins lisses et proprettes.

Bien sur, cela reste des adaptations assez libre et c’est ainsi qu’il faut les apprécier. Cependant, je dois bien avouer que c’est un vrai bonheur des yeux surtout ! L’audace de Breccia, la personnalité qu’il rajoute aux scénarios de Carlos Trillo font de cet album un indispensable pour tous les fans de l’artiste.

On a la chance, depuis quelques temps de voir une nouvelle génération d’éditeurs qui propose de réhabiliter l’œuvre de Breccia en dépoussiérant ces planches inédites chez nous !

Vivement conseillé !

Par FredGri, le 12 février 2022

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