SOMBRAS Y TANGO
Nous n'avons plus rien à nous dire…

Quentin se réveille à l’hôpital, Eladia est à ses côtés, elle lui explique la bagarre dans les escaliers, la chute et la fuite de Federico, puis le procès qui s’est enclenché ensuite. Dès qu’il sera remis sur pied, Quentin devra rentrer en France pour retrouver sa famille, reconstruire une nouvelle vie, loin de Buenos Aires… Alors, il suit la rééducation scrupuleusement, les semaines passent et quand vient le moment de sortir, Eladia l’accompagne, il sait que c’est peut-être la dernière fois qu’il la voit avant de prendre son avion… Mais une fois rentré au pays, ses pensées ne cessent de revenir vers celle qu’il a laissé derrière lui… Quelques mois passent et Quentin profite d’un voyage d’affaire pour tenter de retrouver Eladia…

Par fredgri, le 10 juin 2024

Publicité

Notre avis sur SOMBRAS Y TANGO #2 – Nous n’avons plus rien à nous dire…

Il y a deux ans sortait le premier volume de Sombras y Tango. Ben Eismann et Étienne M. nous laissaient pantois, nous demandant ce qui allait pouvoir se passer ensuite.
Dès les première pages, nous plongeons dans la dure réalité dont Quentin et Eladia tentent de se sortir, tant bien que mal. Le passif est lourd, ils sont encore menacés, le cœur est à vif. Il la regarde, est sensible à ses attentions, ses visites quotidiennes et les premiers pas, bras dessus bras dessous, il y a cette chaleur, ce sentiment que les choses se décoincent, qu’ils vont pouvoir sortir de tout ça, même si le danger rode encore un peu… L’histoire se déroule au gré des pensées de Quentin, de tout ce qu’il peut ressentir au fur et à mesure des planches qui se dévoilent à nous. S’emmêlent alors ses sentiments pour Eladia, le tango, la peur.

De ce point de vue, l’écriture est extrêmement immersive, on comprend très bien les doutes des uns et des autres, comme lorsque Quentin revient en France, quand il revoit ses parents, quand il renoue avec le tango, même s’il reste en spectateur. En contre partie, le scénario est très franchement orienté polar et du coup, le côté « tango » passe sérieusement au second plan, si ce n’est même au troisième. C’est évoqué deçi delà, mais c’est tout. Quentin est désormais une âme meurtrie, obsédée par le souvenir de la jeune femme restée loin de lui, par son envie de la revoir, même de se venger peut-être.

Un second volume très intense, servi par le graphisme impressionniste d’Etienne M. qui se concentre sur les mouvements, sur l’impulsion dans le trait, peut-être, par contre au détriment de la finition, parfois. Cependant, on sent bien que le principal est dans l’évocation de la gestuelle qui est très importante dans ces pages.
On pourrait presque entendre, tout du long, un lent et obsédant Tango qui accompagne les balades nocturne du héros, les échanges de regards d’une inconnue ou ces moments à simplement se perdre dans ses pensées.

Une longue mélodie mélancolique et désespérée.

Très conseillé.

L’album est disponible à cette adresse: https://domouk.com/210-sombras-y-tango-t2.html

Par FredGri, le 10 juin 2024

Publicité