TITANS (Oxymore), tome 4
Irenis

Alors enfant et fille de commerçant, Irenis est témoin de la mort de ses parents à la suite d’un combat titanesque provoqué par un sinistre vagabond qui avait pris place sur le navire familial. Vendue par la suite à un marchand d’esclave par son frère, la jeune fille finit par échouer dans un atelier de couture d’Argos où elle y passe onze ans. Elle y fait de la connaissance de la généreuse Ismène qui, à chaque moment houleux, vient calmer la colère qui sommeille en elle. Malheureusement, Irenis se voit à nouveau confrontée au cynique vagabond qui déchaine les éléments et provoque la destruction de la cité. Survivante, elle découvre que son détracteur maléfique n’est autre que Poséidon, le dieu des mers et des océans. Au moment où sa dernière heure semble être arrivée, elle est sauvée par un archer masqué avec lequel elle s’enfuit. Irenis apprend que son libérateur est Dryak, le fils de son amie Ismène décédée. Elle décide alors de le motiver pour l’aider à assouvir sa soif de vengeance contre Poséidon. Mais celui-ci refuse et Irenis se voit obligée d’aller solliciter à Mycènes l’appui du roi Agamemnon. Mais là-aussi, sa tentative d’éliminer le dieu échoue et déclenche la destruction de toute l’armée mycénienne. La jeune femme va devoir trouver un autre moyen encore plus puissant. Peut-être que Dryak va enfin pouvoir l’aider…

Par phibes, le 21 mai 2025

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Notre avis sur TITANS (Oxymore) #4 – Irenis

Jean-Luc Istin l’annonce lui-même en fin de l’album, Irenis signe la fin (voulue dès le départ) de cette quadrilogie qui a la particularité de mettre en évidence des luttes vindicatives démesurées engagées par des femmes mortelles contre des dieux olympiens. A ce titre, Gihef revient pour la deuxième fois dans cette saga nourrie de mythologie grecque pour nous offrir une nouvelle aventure portée par une jeune femme des plus rancunières.

A l’instar de ses prédécesseuses Iris, Asia et Arianne, Irenis partage la même volonté de destruction à l’égard des dieux, ici Poséidon. Partant évidemment avec un handicap flagrant puisqu’elle est mortelle, celle-ci va donc se mettre en guerre contre un personnage des plus retors aux pouvoirs considérables (il commande les éléments). Pour cela, elle va chercher à profiter de l’aide de tierces personnes et même de titan, et de fait, être à l’initiative d’énormes manifestations divines.

Ce dernier récit reste conforme aux précédents épisodes, puisant ses racines dans les légendes grecques et mettant à l’honneur des femmes fictives fortes en caractère. La destinée d’Irenis se révèle au travers d’une équipée puissante emplie de rancœurs et d’intentions dévastatrices. L’antagonisme, déséquilibré au demeurant, qui en découle reste bien haletant eu égard aux tentatives d’assassinat avortées et à l’intervention de personnages tiers, certains souterrains, des plus charismatiques. Dihef, bien inspiré, mène sous le couvert d’une voix-off intime volubile une danse sombre, amère, pesant volontairement sur la destinée incroyable de son héroïne qui a tout pour être douloureuse et sans appel.

Graphiquement, Zivorad Radivojevic fait impression. Fidèle à son coup de crayon aiguisé que l’on a pu déjà apprécier dans des séries comme Conquêtes, Alice Matheson, World War Wolves, l’artiste nous en met plein les yeux lorsqu’il s’agit de jouer la démesure. A ce titre, les cataclysmes, les combats titanesques qu’il illustre sont époustouflants de puissance. Son travail, rehaussé par les très belles couleurs d’Arif Prianto, a le privilège d’être des plus esthétiques, réaliste dans la gestion des décors et des personnages dont la beauté, la sculpturalité restent des plus accrocheuses.

Une fin de saga bien efficiente qui se joue remarquablement de l’affrontement entre divins et mortels.

Par Phibes, le 21 mai 2025

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