VIEILLE BRUYÈRE ET BAS DE SOIE
L'intégrale

L’inspecteur chef Arbuckle est en pétard. Il est dans l’attente d’un accord d’une grâce royale qui n’arrive pas. C’est alors que se présente à son bureau du Yard Miss Mac Millan, agent du Home Office et nièce du haut responsable de cette institution policière, qui vient lui remettre en mains propres les documents demandés à la condition d’avoir quelques explications. Pris au dépourvu, notre massif policier accepte de se dévoiler et confirme, de fait, à la jeune femme son petit stratagème qui devrait lui être utile pour faire tomber un de ses plus grands détracteurs, Sir Walter Rutherford. Pour ce faire, il l’amène à son domicile pour rencontrer Edward Alcorn, le comptable de Sir Walter, qu’il protège contre toute tentative d’intimidation et qu’il souhaite, grâce aux documents royaux, faire témoigner contre son patron. Malheureusement, lors de la nuit qui suit, Alcorn est assassiné. Commence alors une enquête tortueuse qui va mener l’inspecteur chef Arbuckle à fréquenter le Stevenson Club, à recroiser son ex-épouse et à se mettre sur les traces d’un mystérieux éventreur. Evidemment, Miss Mac Millan et le sergent Stanford ne seront pas de trop pour démêler l’écheveau.

Par phibes, le 21 mars 2017

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Notre avis sur VIEILLE BRUYÈRE ET BAS DE SOIE # – L’intégrale

Parus initialement entre 2004 et 2011, les trois tomes de cet arc policier réalisé par Etienne Willem, le créateur de l’Epée d’Ardenois et Les ailes du singe, sont réunis en intégrale sous la férule de la maison éditoriale originelle Paquet.

Cette initiative est donc l’occasion de s’immerger dans le Londres de l’entre-deux guerres et de faire la connaissance de ce duo de personnages complémentaires des plus sympathiques formé par le massif inspecteur-chef du Yard, Arbuckle, et sa sémillante associée Miss Mac Millan, au travers d’une enquête complète sur deux premiers volets et d’une suivante aux aboutissants très ouverts pour une éventuelle suite.

Il va de soi que si la trame demeure assez conventionnelle, les investigations de ces deux personnages se veulent bien entreprenantes. Force est de constater qu’Etienne Willem ne fait certainement pas dans la facilité et nous offre des sujets suffisamment complexe pour titiller notre curiosité et nous entraîner, à la suite d’un bon lot de rebondissements, vers des finalités réellement passionnantes. Avec un humour dosé avec justesse et un panel de personnages à la sauce british bien agréables à suivre, ces enquêtes ont la particularité de nous faire voir du pays, nous permettant de passer du Londres de la mi-20ème, aux sombres rues de Whitechapel grevées par l’éventreur et à ses clubs huppés fréquentés par la haute bourgeoisie, à l’Ecosse et à ses Highlands ou encore à l’Inde et à ses ambiances coloniales.

Côté dessins, Etienne Willem nous immerge dans un univers semi-réaliste qui témoigne une maîtrise picturale indéniable rehaussée par une colorisation « remastérisée » pour les besoins de cette intégrale. D’un trait qui se veut stylisé (qui semble lorgner un tantinet sur celui de Disney), l’artiste joue avec ses protagonistes dans une dynamique qui n’est pas sans produire ses effets et donne une impulsivité générale profitable. Ces derniers bénéficient de physionomies généreusement travaillées et par ce biais, se veulent bien attachants. On en veut pour preuve les premiers rôles (Miss Mac Millan, Arbuckle), tout comme d’ailleurs certains seconds couteaux comme Stanford, Webster…, qui jouissent d’une place de choix dans ces enquêtes et qui leur permet d’être à l’origine de rapports souvent animés.

Une sympathique initiative éditoriale qui a le mérite de remettre sous les projecteurs des aventures policières bien entreprenantes et qui pourraient bénéficier d’un nouveau cycle. C’est dit !

Par Phibes, le 21 mars 2017

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