Interview

Jean-Philippe LEFEVRE

Sceneario.com : Jean-Philippe, on vous connait pour votre émission Un Monde De Bulles, mais d’où venez-vous, et comment êtes-vous arrivé à la TV ?

Jean-Philippe LEFEVRE : Je suis Lorrain d’origine, mon grand-père était imprimeur et mon père journaliste, un bon mix pour se pencher sur la BD, non ?! J’ai fait de brillantes études avec un bac mention rattrapage suivi d’un contrat de qualification dans une télévision locale. C’est là que j’ai trouvé ma voie. Je suis devenu journaliste reporter d’images, j’ai travaillé pour de grands groupes comme M6, Canal +, France TV, j’ai travaillé sur de l’actu et sur des documentaires. Puis en février 2000, je suis arrivé sur Public Sénat : Jean-Pierre Elkabbach recherchait de jeunes journalistes avec mon profil.

Sceneario.com : 250° émission, 6 ans de TV sur une émission spécialisée, comment arrive-t-on à s’imposer dans la durée ?

Jean-Philippe LEFEVRE : Il y a deux ingrédients : la passion et la fidélité. Je suis passionné par mon métier et par la BD, je me remets donc en cause en permanence pour donner ce qu’il y a de mieux aux nombreux téléspectateurs qui me suivent chaque semaine. Il y a aussi la fidélité d’un homme, Jean-Pierre Elkabbach et aujourd’hui Gilles Leclerc. Ils m’ont toujours donné carte blanche, je suis mon propre rédacteur en chef : je fais ce que je veux et je pense que la recette vient de là. Lorsque l’on passe en un mois d’une spéciale comics à une spéciale sur la seconde guerre mondiale, d’une spéciale illustrateurs à une spéciale contre les violences faites aux femmes… on est libre !

Jean-Philippe LEFEVRE

Sceneario.com : Que nous réservez-vous pour cette 250° émission ?

Jean-Philippe LEFEVRE : Je lance un nouveau concept, une émission scénarisée et jouée. Une nouvelle façon d’interviewer ! Cela s’appelle Les enquêtes d’un Monde de Bulles. Un auteur face à moi… Je mène l’enquête, je le pousse dans ses retranchements. Avec Fabien Nury, c’était du gâteau ! Sur la forme, nous avons bousculé les codes. Je me suis fortement inspiré du cinéma asiatique et underground, la réalisation y est sublimée par le travail de mes équipes. Je les salue !

Sceneario.com : Hasard de calendrier ou choix de dernière minute pour l’invitation de Fabien Nury qui vient juste de recevoir un prix à Angoulème pour "Il était une fois en France" ?

Jean-Philippe LEFEVRE : L’invitation a été lancée il y a… quatre mois ! Je suis Fabien depuis six ans, il est pour moi le nouveau Van Hamme (comme Fabien Velhmann aussi), c’est la quatrième émission que je lui consacre… Donc oui, j’ai bien visé, d’ailleurs quatre des prix attribués à Angoulême étaient dans mon émission depuis bien longtemps.

Sceneario.com : Pourquoi l’émission est-elle diffusée sur Public Sénat ?

Jean-Philippe LEFEVRE : Public Sénat est une chaîne ouverte sur le monde et les débats de société. Un Monde de bulles est arrivé grâce à Jean-Pierre Elkabbach qui est le fondateur de la chaîne. Nous avions besoin en 2005 de programmes novateurs pour l’arrivée sur la TNT, Un Monde de bulles en faisait partie. Pour ne rien vous cacher, des chaînes plus historiques que Public Sénat m’ont contacté depuis septembre. En télévision, il faut être patient ! Ce que je sais, c’est que ma liberté n’a pas de prix et Un Monde de bulles doit rester ce qu’elle est, ici ou ailleurs !

Sceneario.com : Quels sont les meilleurs souvenirs de ces émissions ?

Jean-Philippe LEFEVRE : Trop de souvenirs, trop de bon souvenirs ! Des virées en Harley Davidson avec Coyote, un tournoi de pétanque gagné face à Tibet, des discussions passionnantes avec Albert Uderzo, Jean Van Hamme ou Enki Bilal. Et puis des amitiés comme avec Didier Convard, Maester et d’autres. Il y a souvent une vie en dehors de la BD !

Sceneario.com : Aura-t-on un jour la chance qu’Un Monde de Bulles soit diffusé un jour de grande écoute?

Jean-Philippe LEFEVRE : Un Monde de Bulles est diffusé six fois dans la semaine à des horaires très différents. Public Sénat sera reçu comme le reste de la TNT par 95 % des foyers français d’ici à la fin 2011 donc c’est une émission que tout le monde peut regarder et il y a en plus l’excellent site publicsenat.fr où toutes les émissions sont en VOD gratuites et illimitées. Moi, je porte Public Sénat dans mon coeur et quelle fierté d’avoir cette émission sur cette chaîne en particulier ! Alors demain ou plus tard, l’émission s’exportera peut-être ailleurs, mais ce qui m’importe, c’est ma liberté de "passeur d’émotions". Je ne suis qu’un petit soldat au service du talent des auteurs de BD !

Sceneario.com : Peut-on rêver d’un quotidienne "Un jour, une BD" comme il existe sur France 3 "Un Jour, un Livre" ?

Jean-Philippe LEFEVRE : Le rêve, je le vis déjà depuis longtemps : rencontrer les auteurs, m’émerveiller devant tant de beaux ouvrages… Mais pour répondre à la question… oui, ça serait possible car il y a au minimum une bonne BD à lire chaque jour en France, on pourrait créer les 365 jours de la BD, un marathon de plaisir en cases et en bulles !!!

Sceneario.com : La TV et les téléspectateurs sont-ils prêts?

Jean-Philippe LEFEVRE : 39 millions de BDs vendues cette année… Des univers sans limite, sans tabou, sans frontière… Oui, les téléspectateurs sont prêts et je pense même demandeurs, vu le succès de mon émission !

Sceneario.com : Connaissez-vous l’audience de votre émission ? Le nombre de personnes qui la regarde?

Jean-Philippe LEFEVRE : Au millier près, non, et je n’aurai pas le droit de vous le dire : c’est encore confidentiel… Mais je peux vous dire que sur un week-end avec plusieurs diffusions, je n’ai pas à rougir devant les autres émissions culturelles… Jean-Philippe LEFEVREEt cela va encore s’accroître avec le déploiement de la TNT sur l’ensemble du territoire. J’ai aujourd’hui un double public : les fans de BD et les zappeurs qui, devant une planche, une case, une émotion, s’arrêtent ou s’en vont… Mais on en garde quand même beaucoup.

Sceneario.com : Jean-Philippe, merci pour le temps que vous nous avez accordé. Belle 250° émission à vous, votre équipe et les téléspectateurs ! A très bientôt !!!

Jean-Philippe LEFEVRE : Vive la France, vive la République et vive la BD !
 

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