BRIGADE CHIMÉRIQUE (LA)
Tome 1

(Brigade Chimérique prologue + épisode 1)
Nous sommes en 1938, l’entre deux guerres. Marie Curie est morte depuis 4 ans, elle avait créé l’Institut du Radium et s’occupait de la Brigade Chimérique, à Paris. Avec l’Institut le monde avait évolué, des héros sont apparus, des villes comme Metropolis, des alliances entre pays… En 1938, donc, la fille de Marie, Irène reprend le flambeau de sa mère, décidée à relever l’Institut en perte de vitesse tandis que la Brigade s’étiole progressivement…

Par fredgri, le 30 août 2009

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Notre avis sur BRIGADE CHIMÉRIQUE (LA) #1 – Tome 1

Cette Brigade se situe dans un monde nourrit de mille et une références à la littérature ou aux vieux Pulp américains, on entre ainsi plus ou moins dans le même processus qu’avec la Ligue des gentlemen Extraordinaire en moins délirant et en plus réaliste, un peu comme les histoires de Lord Kraven par exemple. Mais la comparaison s’arrête là. certes on retrouve tout un tas de personnages déjà connus comme Leo Saint-Clair, alias « Le Nyctalope », personnage créé par Jean de la Hire, qui prétend avoir croisé Judex et Fantômas, il s’est lancé dans la politique pour devenir ensuite le maître de Paris. Colin et Lehman ramènent d’autres figures littéraires telles qu’Harry Dickson (de Jean Ray), Tom Carnacki (de William H. Hodgson), Félifax (de Paul Féval fils) mais aussi Doc Savage (Lester Dent & Co), The Shadow (Walter B. Gibson) et un certain agent américain Steele qui dévoile un bout de son costume ou l’on voit dépasser le début d’un S avant qu’il ne s’élance d’un bon pour secourir ses amis. On retrouve ensuite Andrew Gibberne alias l’Accélérateur (fils d’un personnage créé par H.G. Wells), le Docteur Mabuse, le Golem, les "Nous autres" qui rassemblent des savants fous comme Le Dr Moreau, Lerne, Cornélius ou Persikov) sans oublier Garou-Garou, le « Passe-murailles » de Marcel Aymé ou même Gregor Samsan, le héros de la « Métamorphose » de Kafka !
Mais par delà ces multiples références l’intrigue s’inscrit aussi dans un cadre très réaliste, bien ancré dans notre histoire intellectuelle et politique. Le nazisme avance, se servant de l’idéologie Nietzschienne du surhomme, et son représentant le plus médiatique, le Docteur Mabuse semble interpréter la présence de ces héros européens comme l’avant garde d’une race supérieure… Cette période est très faste en terme de révolution, le surréalisme émerge, la littérature se teinte de modernisme, le communisme s’élance, les pulp voguent sur un rythme feuilletonnesque. Les deux scénaristes se servent de cette matière foisonnante en y mélant leur thématique SF pour rendre hommage à tout ces personnages riches en évocation, à ces univers, mais surtout pour se poser la question sur le rôle du surhommes dans l’imaginaire et dans la société.
Peut-être ont-ils du mal à sortir de ce cadre référenciel pour entrer dans une véritable histoire qui n’est jusque là qu’à peine entamée. Après tout il y a, pour l’instant, beaucoup d’espace consacré à mettre en place tout ça, on a le sentiment de ne pas être réellement dans le creux de "l’action". Les personnages se positionnent sans vraiment être introduit et la place consacrée aux références est encore très importante pour que cela puisse réellement parler à tous, on se doute que tel gamin croisé doit être un personnage obscure d’un livre, qu’il faut être vigilant aux indices que els auteurs laissent par-ci par-là, on se rend aussi compte que le travail de documentation tant sur le plan de l’écriture que graphiquement est énorme. C’est justement en ça que ce projet est passionnant, cette complexité qui se dégage de ces planches, cette façon de construire un monde, tout se met e place tranquillement et on dévore d’une traite ce premier volume.
il est aussi annoncé que ce projet se veut un hommage à une vieille saga de SF obscure aujourd’hui complètement oubliée, écrite par George Spad: Les Hommes Chimériques. Nous retrouvons d’ailleurs parmi les personnages principaux cette fameuse George Spad qui va, sous prétexte d’écrire une biographie du Nyctalope, tenter d’enquêter sur tous ces personnages aux étranges pouvoirs.
Nous retrouvons aux crayons le dessinateurs Gess (Carmen Mac Calum), son trait est plus sec, moins vivant et profond, néanmoins, c’est très efficace et réellement très inspiré.
Six albums sont prévus, le premier en Aout, le second en Septembre, puis en Octobre et les trois derniers début 2010. Un rythme donc très soutenu, comme un comics en quelque sorte.
Venez, vous aussi vous lancer dans cette aventure ! Rendez-vous au prochain numéro.

Par FredGri, le 30 août 2009

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