DRUIDES (LES)
La pierre de destinée

A la fin du tome 4, mortellement blessé par Keben, Taran est emmené par Gwenc’hlan vers l’ile de Mona, mais pris dans la tempête, leur curragh chavire.
Taran se réveille sur l’ile, il est désormais initié : il est mort et il est revenu. Durant sa brève convalescence, il va apprendre les secrets de l’art de guérir auprès du moine qui l’a ramené d’au-delà des brumes. Mais ils sont toujours traqués par les hommes en noir qui se sont attaché les services de mercenaires Scott. La quête de Gwenchlan, Taran et les moines va reprendre. Alors que la lance de Longinus est perdue, ils sont désormais sur les traces du chaudron de Dagda.

Par olivier, le 27 octobre 2009

Notre avis sur DRUIDES (LES) #05 – La pierre de destinée

La nouvelle religion et les anciennes croyances sont de plus en plus proches, elles s’entremêlent dans l’esprit et l’intellect des protagonistes. Entre quelques moines et les druides, le respect mutuel et la connaissance de l’autre rapproche les hommes, mais entre les extrêmes la lutte s’intensifie.
Les hommes en noir, qui se désignent sous le nom des « frères d’Esus » sont sur les talons de Gwenc’hlan et de ses amis, leur but : s’emparer eux aussi du chaudron de Dagda. Mais, ignorant le chemin pour se rendre à l’ile d’Ailbe, ils sont contraints de suivre le druide à distance.
Mais la règle des quêtes n’est pas de suivre un chemin facile et droit. Les embuches et les périls constituent la trame même de l’aventure. Le principal rebondissement dans ce tome 5 a pour nom les Pictes, tribus belliqueuses des hommes peints ; ces derniers après quelques malentendus font plutôt bon accueil à notre équipée de druides et de moines, c’est que leur intérêts se croisent, et qu’ils vont devoir unir leurs forces et leurs connaissances pour retrouver leur trésor respectifs, la pierre de la destinée pour les Pictes et le chaudron pour Gwenc’hlan.
Jean luc Istin, avec la rigueur et la précision qui le caractérisent autant dans l’écriture que dans le découpage des scènes, talent qu’il met au service de son imagination, nous entraine une nouvelle fois dans ces contrées et ces temps lointains où les dieux anciens et le dieu des chrétiens luttaient pour la suprématie dans le cœur et l’esprit des hommes.
Un cinquième tome qui ne s’essouffle pas, bien au contraire. Jean Luc Istin utilise toutes les recettes des quêtes initiatiques, mais il va bien au-delà. Il ne referme pas l’histoire sur un seul personnage principal qui serait Gwenc’hlan, mais il suit et fait évoluer avec beaucoup d’à-propos les personnages secondaires, Taran bien évidement mais aussi Gwénolé, tourmenté dans sa foi et ses croyances.
Au-delà de l’aventure épique qui nous tient en haleine, cette quête est aussi un hymne à la tolérance, une dénonciation des extrémismes de tous bords et cette thématique me parait particulièrement mise en avant dans ce tome.
Mais que serait un scénario aussi bien écrit soit-il sans le dessin qui lui donne vie ? Est-il encore besoin de dire que Jacques Lamontagne est un grand dessinateur, aussi à l’aise dans les scènes intimistes que dans les scènes d’action.
Il parvient par la force de son dessin à rendre toute l’horreur des pratiques fanatiques des chrétiens, folie et démence que les mots ne pourraient rendre dans toute leur abomination.
Son souci du détail (voyez les peintures rupestres qui décorent certaines grottes), ancrent le récit dans une réalité historique que Thierry Jigourel, gardien de la tradition, veille à maintenir.
Et toujours ces trognes qui reflètent si bien le cœur des différents protagonistes, leurs doutes, leur bonté ou leur haine. Je crois qu’il a réuni ici, par la précision de son trait et sa maitrise de la couleur, toute la gamme de l’âme humaine.

Par Olivier, le 27 octobre 2009

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