PORTE AU CIEL (LA)
Seconde partie

Au terme de leur fugue, Manu, Julie et Anna se sont réfugiées dans une maison forestière sarthoise et mènent leur nouvelle petite vie insouciante loin des contraintes familiales. A la faveur de petites virées, elles ont fait la connaissance des plus proches voisins, d’un côté Vincent le simple et sa tante qui produisent du fromage et David le peintre qui a perdu tragiquement sa fille. Profitant d’une nouvelle escapade à travers la forêt, Julie finit par disparaître. Pour le moins inquiètes et ne pouvant appeler la gendarmerie, les deux copines décident de rendre visite à David qui, pour elles, est un suspect potentiel et en viennent même à le menacer. Mais rien n’y fait, l’homme se défendant de tout mauvais geste envers la disparue. Aurait-elle été kidnappée, voire même tuée ? Et si elles allaient consulter la porte au ciel, peut-être auraient-elles des nouvelles ? A moins qu’elle soit toujours vivante et dans ce cas, où chercher ? David va les aider dans leurs investigations et par la même occasion leur parler de la disparition de sa fille. Y aurait-il d’ailleurs un lien entre les deux drames ?

Par phibes, le 22 septembre 2014

Publicité

Toute la BD, que de la BD !

Notre avis sur PORTE AU CIEL (LA) #2/2 – Seconde partie

Enfin, on peut dire enfin, la sortie de ce deuxième et dernier opus vient dissiper les inquiétudes que l’on pouvait avoir depuis la sortie, il y a plus de 6 ans, du premier volet des aventures fugueuses des trois « japonaises », Manu, Julie et Anna. On les croyait définitivement mises au placard mais heureusement, il n’en est rien, ouf ! Car il est vrai que dans l’épisode d’ouverture, Makyo (La balade au bout du monde, Un cœur en Islande, Je suis Cathare, Exauce-nous…), et son complice Eugenio Sicomoro (Lumière froide…), avaient créé un embryon d’intrigue qui mêlait très harmonieusement des ambiances rupestres parsemées de moments d’insouciances juvéniles, d’instants mystérieux de surveillance et de croyances locales (la fameuse porte au ciel), le tout amplifié par l’intervention de personnages très singuliers. Mais malheureusement, pour le lecteur impatient, cela ne suffisait pas à l’éclairer sur la direction que les auteurs voulaient réellement prendre.

Avec cette seconde partie, c’est dorénavant chose faite. Makyo nous remet très rapidement dans la situation des trois fugueuses et lance en peu de cases, l’insoutenable intrigue sur la disparition de l’une d’elles, Julie. Il va de soi que compte tenu du contexte dramatique et surtout de la présence rapprochée de voisins étranges, toutes les questions sont de mises. C’est d’ailleurs Manu et Anna qui vont les soulever et qui, par la même occasion, vont nous aider à trouver les réponses.

Une fois de plus, l’on peut concéder que la méthode employée par Makyo est efficace. Ce dernier, à la faveur d’un cheminement scénaristique soutenu et remarquablement structuré, trouve la matière, la sensibilité, l‘émotivité indispensables pour saisir notre attention, dans des faits certes malheureux mais à la connotation policière et très légèrement fantastique formidablement captivantes. Il est entendu que le récit bénéficie d’une bonne dose de rebondissements, grâce à un choix de personnages récurrents, intérieurement torturés, qui drainent un mystère épais comme il se doit et qu’il va falloir déliter.

Eugenio Sicomoro reste dans cet univers illustratif coloré qui le caractérise. Force est de constater que ce dernier nous offre une vision picturale délicate, chaude, exceptionnelle, aux dimensions humaines, d’une rigueur exemplaire dans les portraits réalisés. Le trait est des plus authentiques, profond dans les expressions mises en avant, superbement léché dans les perspectives, les détails. Les décors sarthois sont également d’une beauté exemplaire, lumineusement travaillés, dignes des plus belles aquarelles.

Une fin de diptyque superbement orchestré par un duo d’artistes qui sait conjuguer récit saisissant et beauté picturale. Un plaisir de lecture à l’état pur !

Par Phibes, le 22 septembre 2014

Publicité