SCORPIONS DU DESERT (LES) (NOUVELLE EDITION COULEURS)
Tome 1

Octobre 1940. Près de Djaraboub en Lybie. La mission d’une poignée de soldats de l’armée britanniques du "Long Range Desert Group", les fameux "Scorpions du désert" : le lieutenant Koinsky (du P.A.C.), le lieutenant Kord (du R.H.) et Hassan Beni Muchtar, qui doivent infiltrer clandestinement cette ville tenue par l’armée italienne. Mais au sein même du L.R.D.G., un traitre sévit qui risque de compromettre l’action du groupe…

 

Par berthold, le 31 août 2013

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Notre avis sur SCORPIONS DU DESERT (LES) (NOUVELLE EDITION COULEURS) #1 – Tome 1

Le 20 août 1995 disparaissait Hugo Pratt. 18 ans après, son oeuvre perdure.
Casterman nous permettant de (re)découvrir ses séries toujours en améliorant la qualité ou en nous les présentant sous de nouvelles couleurs par exemple. C’est le cas pour cette nouvelle édition du premier tome des Scorpions du Désert, qui bénéficie aussi d’un nouveau lettrage. Il faut aussi souligner cette superbe couverture qui orne le livre.

Alors , pour ceux qui ne connaissent pas encore Les Scorpions du Désert, voici une succincte présentation :
Les Scorpions du désert sont une section spéciale du "L.R.D.G." unité britannique irrégulière formé en Egypte en juin 1940 pour les opérations dans le désert d’Afrique Occidentale. (Didier Platteau dans la préface de l’édition de 1977). Hugo Pratt connait bien cette période, ce coin d’Afrique : l’Ethiopie, il y a vécu de 1937 à la fin de la guerre pratiquement. Il dit avoir rencontré la plupart des protagonistes de ce récit. Hugo Pratt crée des personnages fort, des "gueules" pour ce récit :
– Koinsky : un polonais. Un héros différent de Corto Maltese : plus dur, plus cruel, plus cynique, plus moderne.
– Kord : il ressemble physiquement à Clark Gable, séducteur, sympathique, mais il cache quelque chose;
– Hassan : un révolutionnaire, un Bédouin et qui dit travailler pour les anglais juste pour l’argent.
Sans oublier Judittah Canaan : une juive de Palestine, qui est contre les anglais impérialiste, mais qui s’allie à eux pour lutter contre les nazis. Une très jolie femme, forte comme le sont la plupart des personnages féminins de Pratt.
Puis après apparaissent Stella : officier italien, sympathique qui est plus attiré par l’or que par défendre les intérêts de son pays. Et surtout on y croisera Cush, l’ami de Corto Maltese ("Les éthiopiques").
Nous retrouvons Tenton et Mac Gregor (voir "Ann de la jungle") des Kings Africans Rifles.
Les scorpions du désert est un livre contre la guerre aussi. Les héros ne sont pas tous "propres", ils sont autant salauds les uns que les autres : Koinsky mitraillant un camion de soldats italiens pour être sur qu’il n’y a pas de survivants. Ou lorsqu’il abat le traitre qui s’enfuit, un triple passage en avion pour être sur ("les scorpions ont la vie dure…" dit il). Pratt y aborde aussi le problème juif, la Palestine avec Judittah et Hassan. Du point de vue scénario, c’est du très bon Pratt : un chef d’oeuvre : des dialogues savoureux, un zeste d’humour. Hugo Pratt donne aussi de l’importance aux seconds rôles. C’est aussi un beau récit humaniste. Graphiquement, Pratt est au meilleur de sa forme. Les planches sont de toute beauté. Sa mise en scène nous fait penser à David Lean et son chef d’œuvre : Lawrence d’Arabie. Jamais le désert n’aura été aussi bien rendu que dans cette oeuvre. 

Les scorpions du désert est un des livres de Pratt dont je ne me lasse jamais de relire. Je reste époustouflé devant toute cette maestria. Une oeuvre que je ne peux que vous conseiller chaudement si vous n’avez jamais encore participé à une mission avec Les Scorpions du désert.

Par BERTHOLD, le 31 août 2013

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