VENT DES KHAZARS (LE)
Tome 2

Intrigué par les révélations de l’énigmatique juif des montagnes Yakubov et par l’apparition troublante d’un groupuscule terroriste se nommant "Le renouveau Khazar", le romancier Marc Sofer s’est embarqué pour Bakou. Ayant la ferme intention de découvrir ce qui permet de faire sortir de l’ombre un peuple disparu depuis plus de mille ans, il est pris en charge par deux juifs de Quba, Agarounov et son homme de main Lazir. Après avoir assisté en direct à un attentat, Marc est entraîné par ce dernier vers le territoire géorgien. C’est au bout d’un long périple que ces derniers atteignent enfin leur destination, dans un village troglodyte perché à flanc de falaise. L’écrivain retrouve la belle inconnue rousse croisée lors d’une conférence à Bruxelles qui ne tarde pas à l’affranchir sur le mystère des lieux qu’il découvre et sur les motifs du combat quelle mène. Marc ne marcherait-il pas sur les traces ancestrales du jeune juif Isaac, missionné en 939 par le rabbin de Cordoue pour délivrer un message au roi des Khazars Joseph ?

Par phibes, le 10 juin 2013

Notre avis sur VENT DES KHAZARS (LE) #2 – Tome 2

Il aura suffi de patienter tout juste un petit semestre pour découvrir la deuxième et dernière partie de l’adaptation du roman à succès de Marek Halter. Sous l’égide de la maison Glénat et l’orchestration de Pierre Makyo, nous retrouvons avec un certain plaisir ce subtil mélange d’époques qui a permis de mettre sous le feu des projecteurs le fameux royaume disparu du peuple Khazar.

Ce dernier tome révèle enfin les aboutissants de l’enquête contemporaine menée par le romancier Marc Sofer au sujet de cette civilisation juive orientale et sa surprenante réapparition. Il donne également la possibilité de se replonger dans les péripéties médiévales d’Isaac qui, aux termes de sa mission, fait la connaissance de la belle kathum Attex.

A n’en pas douter, les péripéties contées mettent en avant une quête initiatique à rebondissements, explicitant avec une justesse et un humanisme avérés les origines et également la chute douloureuse d’un puissant royaume. Elle se veut doublée d’une histoire d’amour parallèle passionnée, superbement orchestrée sur deux niveaux dont les circonvolutions demeureront captivantes. A cet égard, à la faveur d’une narration efficiente et d’un usage de dialogues adaptés, on se laisse gagner par la teneur des évènements, par la ferveur des sentiments, par les engagements pris par les protagonistes, par le jeu subtil et envoûtant des deux héroïnes principales. On ne manque pas, sous l’effet de ce charme féminin ambiant, de réagir à l’instar de Marc ou d’Isaac face aux évènements dramatiques que l’on sent injustes et qui les grèvent immanquablement.

La beauté de cette histoire passe par le trait réaliste de Federico Nardo. Celui-ci parvient sans difficulté, grâce également à l’intervention avertie du coloriste Antoine Quaresma, à rendre entreprenante les deux destinées parallèles et à ce titre, l’on pourra saluer leurs performances à jouer sur les époques. Ces dernières bénéficient d’un gros travail de recherches documentaires, historiques et contemporaines, que l’on pourra apprécier en particulier dans les très nombreux décors. De même, ses personnages se révèlent dans leur sensibilité et surtout leur charisme grâce à un jeu de gros plan des visages de grande beauté.

Une fin de diptyque remarquablement bien réalisée et sensible qui donne réellement envie de se plonger dans le roman d’origine.

Par Phibes, le 10 juin 2013

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