PERSEPOLIS
Persepolis -4-

Marjane revient à Téhéran après 4 années d’absence. De son exil autrichien, elle est peu loquace. Elle souhaite oublier très vite ce qu’elle considère comme un cuisant échec et n’a qu’un seul objectif : retrouver ses proches, sa famille, ses amis, ses habitudes, bref, retrouver ses marques et surtout sa vie « d’avant ».
Hélas, comme elles, les personnes ont changé. Les événements ont fait leurs œuvres, et Marjane revient dans un pays qu’elle ne connaît plus…

Par Valérie, le 1 janvier 2001

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Notre avis sur PERSEPOLIS #4 – Persepolis -4-

Après l’épreuve de l’exil, l’expérience du déracinement, la situation de jeune immigrée, l’adaptation difficiles, les problèmes liés aux différences culturelles et la crise identitaire, Marjane pensait que le retour dans son pays, ce pays où elle était née, dont elle parlait la langue, connaissait l’histoire et où toutes ses racines résidaient serait comme un retour à la maison : apaisant, confiant, serein et …heureux.
Or, très vite, Marjane réalise qu’il ne s’agit pas de cela. Ce monde a été fortement ébranlé ; usé par des années de guerre, par de terribles prises de conscience, par une politique islamiste qui annihile toute liberté, ce monde est devenu passif, emplit du souvenir des martyrs, des images violentes et symboliques de l’intégrisme.
Marjane va donc devoir une fois de plus s’adapter. Elle qui n’est pas tout à fait autrichienne, plus tout à fait iranienne, devra trouver un chemin entre sa liberté d’être et de penser, et l’attachement à son pays, à ses racines. Entre l’Europe et la Perse, Marjane tente de trouver sa voie, celle qui lui permettra de disposer d’elle même, de faire des choix, d’avoir des projets. Cette voie qui lui permettra de vivre et d’exister.
Elle devra pour cela se réapproprier cette guerre qu’elle n’a pas vécue, en accepter les ravages : les morts, les mutilations; prendre conscience, accepter que toutes ses luttes ont blasées une population abusée, triste, amputée d’un morceau d’elle même.
Ce tome fonctionne comme les précédents. Le dessin est toujours minimaliste. Le scénario fonctionne par anecdotes. Le ton est toujours à la fois drôle, émouvant, ironique, décapant, lucide, sarcastique.
Marjane Satrapi réussit une peinture autobiographique très réaliste, peut être plus profonde, plus intime que dans les tomes précédents, toujours sans misérabilisme et avec humour.
Peut être que comme elle le fait remarquer, lorsque la limite de l’insoutenable est franchie, le seul moyen de supporter l’insupportable, c’est d’en rire…
Un chef d’œuvre !

Par Valérie, le 22 septembre 2003

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