THE GROCERY
Tome 2

Dans un geste d’autodéfense, Monsieur Friedman, l’épicier de The Grocery, a tiré involontairement sur Rabbi Finkelstein le blessant grièvement. Arrêté par les forces de police, il a été jeté à la prison de Baltimore où, sa réputation l’ayant précédé, il est attendu de pied ferme par les gangs néo-nazis et rabbiniques. De son côté, Eliot pallie à l’absence de son père dans l’épicerie et sous le couvert du sanguinaire Ellis One et de sa bande, voit l’activité commerciale prendre un tout autre chemin. De fait, ses accointances avec le caïd qui est à l’origine du meurtre de Bugs et Tiny, font que ses amis du corner 16 le fuient dorénavant. D’ailleurs, l’un d’eux, Sixteen, choqué par les gestes radicaux d’Ellis One et se refusant à cautionner ses activités mafieuses, crie vengeance mais doit d’abord se protéger des chiens de celui-ci qui sont à sa recherche. De son côté, Wash, le vétéran de la guerre du Golfe qui a intégré la bande des sans-abri, n’a pas fini d’en découdre avec les sbires d’un énigmatique magnat qui rachète à vil prix et pour des raisons funestes des quartiers entiers de Baltimore. Tout reste à craindre autour de The Grocery !

Par phibes, le 24 février 2013

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Notre avis sur THE GROCERY #2 – Tome 2

Aurélien Ducoudray (Championzé, La faute au chinois) et Guillaume Singelin (Pills, King David) nous avaient quelque peu bluffé avec le premier tome de cette aventure. Avec ce nouvel opus, ils nous replongent dans les ambiances de guérilla urbaine à la sauce américaine via la destinée de leurs personnages principaux, Elliot et les autres.

Considérant les dernières péripéties, l’épicerie The Grocery voit son fonds de commerce évoluer "total grave" et ceci grâce à Ellis One qui assoit d’avantage sa suprématie. Mais ce dernier n’est pas le seul aux commandes puisque le lecteur aura le privilège, comme à la première heure, de suivre en parallèle les différentes destinées autour de la fameuse échoppe. L’on retrouvera ainsi le naïf Elliot et ses nouveaux protecteurs, Wash et ses adversaires antisociaux, Monsieur Friedman et son univers carcéral impitoyable, Sixteen et sa soif de vengeance, Ellis One et ses patrons néo-nazis qu’on ne lui connaissait pas. Comme on peut s’en apercevoir, le menu est on ne peut plus consistant et Aurélien Ducoudray nous le développe dans un mode opératoire original, dialogues directs, percutants et sans ambages à la clé, et dans une effusion de violence imparable. Véritable radiographie du système social américain très légèrement survitaminé, le scénariste trouve le moyen de toucher là où ça fait mal, détournant les bons principes sociétaux au profit d’une chape malsaine de bestialité. Par ce biais, il ne manque pas de faire étalage d’une certaine documentation quant aux mouvements idéologiques ségrégationnistes et aux gangs qui sévissent réellement au pays de la liberté.

L’univers dépravé de The Grocery est remarquablement mis en image par un Guillaume Singelin en grande forme. Restant dans ce microcosme semi-animalier dont il est à l’origine, ce dernier nous bluffe dans la façon originale de nous restituer à main libre cette société grevée par des troubles intestins insoutenables. A ce titre, son trait pourtant sans grands effets tapageurs se révèle dans son atypisme particulièrement incisif, brutal sans aucune retenue, et assurément détaillé.

Un nouvel épisode au vitriol qui donne froid dans le dos, servi par deux artistes qui n’ont pas fini de nous étonner et, de surcroît, nous régaler. Vivement la suite !

Par Phibes, le 24 février 2013

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