SERVAIS - L' INTÉGRALE
La lettre froissée

Dans les années 40, au château de Jamoigne situé au sud de la Belgique, des enfants d’origine juive sont recueillis afin d’échapper aux rafles allemandes. L’un d’entre eux, Sylvain, qui assume son intégration au sein de la petite communauté, s’éprend de la belle Pauline, la lavandière du castel, et lui déclare sa flamme par lettre interposée. Mais celle-ci a déjà un amant et lui refuse, de fait, son amour. Dépité, Sylvain songe à se venger d’une manière peu honorable. C’est à partir de ce moment que le destin des deux êtres va sombrer dans une spirale dont la lettre d’amour va être le point central.

Par phibes, le 1 janvier 2001

Notre avis sur SERVAIS – L’ INTÉGRALE #4 – La lettre froissée

Les éditions Dupuis récidivent en ce mois de janvier 2009 leur opération de publication en intégrale de la saga  "La mémoire des arbres", parue la première fois en deux tomes séparés dans la collection "Repérages". De conception luxueuse et grand format, elle remet sur le devant des étalages le diptyque relatif à "La lettre froissée".

L’occasion est donnée à ceux qui ne connaissent pas cet épisode, de pénétrer deux époques bien distinctes (les années 40 et 80) au travers desquelles deux individus vont subir les pires vicissitudes que la guerre peut provoquer. S’inspirant de faits authentiques, Jean-Claude Servais nous appelle à un voyage d’une grande sensibilité, plein d’émotions, de drames et également empreint d’une certaine allégresse juvénile.

Considérant la véracité des faits, on ne peut que chavirer devant cette tragédie qui se dessine devant nos yeux dans le premier épisode et se poursuit dans une grande partie du deuxième. La narration est belle, presque poétique. Elle soulève habilement des interrogations quant à certaines décisions prises sur le vif et sur les conséquences de tels actes pour l’avenir. Certes, il y a de la tristesse mais l’espoir a également sa place.

Conformément à "La belle coquetière", le graphique de l’auteur est on ne peut plus réaliste et sidère par ces proportions. Jouant énormément sur le coup de crayon, ce dessinateur émérite alterne extérieurs campagnards de rêve et personnages expressifs d’une grande beauté. Plus précisément, Pauline est celle qui dégage le plus de sensualité et d’émotions.

N’hésitez pas à venir vous perdre entre les lignes de "La lettre froissée". Vous serez surpris par son ton à la fois juvénile et dramatique, reflétant celui d’une très belle histoire d’amour.

Par Phibes, le 3 février 2009

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